La lumière volée

un roman d’Hubert Mingarelli (éditions Gallimard)
adapté et mis en scène par Yvon Chaix, assisté d’Elena Pastore
avec Manon Palacios (Elie) et Anthony Lhuilier (Gad)
Accessoires, régie de plateau et apparitions : Lellia Chimento
Régie sons et lumières : Marie-Pascale Bertrand

1942. Ghetto de Varsovie. Elie, onze ans s'est réfugié dans le cimetière du ghetto de Varsovie. Il vit au jour le jour, installé contre la tombe de Joseph Cytrin à qui il confie ses inquiétudes, ses découvertes. Les Allemands opèrent les premières rafles de Juifs et traquent les jeunes trafiquants sans lesquels le ghetto serait affamé. Une nuit, Elie est rejoint par l'un deux, Gad, un peu plus âgé que lui, et qui lui inspire tout à la fois admiration et crainte. Entre les deux enfants, une amitié se noue peu à peu, et le quotidien s'organise : il faut se nourrir, échapper aux Allemands, et aussi s'inventer des histoires pour vaincre la peur…

Texte des rêves éveillés d'adolescents, texte de l'espoir vain, La Lumière volée, puisant dans la réalité historique, est une œuvre sans détour, à la fois tragique et poétique, qui tend sans cesse vers le sublime, à travers une écriture intime, comme une voix qu'on entend du bout des lèvres, dans le noir.
Hubert Mingarelli écrit comme on murmure avec une attention infinie apportée à ses personnages. Ses histoires, souvent immobiles, nous font entrer de plein-pied au cœur d’une enfance que borde, peut-être, une incommensurable absence.
J’ai dirigé mes élèves comme je dirige les acteurs qui travaillent avec moi. Avec le souci de l’évidence, de la simplicité, de la sincérité. Loin du formalisme ou de codes soumis aux modes. Simple et authentique, l’écriture d’Hubert Mingarelli l’est tout au long de chacun de ses romans. J’ai donc travaillé à rendre cette histoire la plus immédiate possible, à éclairer la relation de ces deux adolescents de la lumière de la plus grande vérité des sentiments. J’ai travaillé sur cette idée d’un « huis clos en plein air ». Ce cimetière, où Elie a élu domicile et où il invite Gad à partager ses rêves et ses espoirs, condense toute une vie. J’ai travaillé avec humilité, faisant porter les mots d’Hubert Mingarelli par ces jeunes acteurs avec le souci de l’évidence. L’horreur vécue par ces deux adolescents, ce quotidien suspendu à la trajectoire d’une balle perdue ou d’un mot lancé trop fort qui pourrait leur être fatal, je les ai mis en scène avec amour. Car c’est de cela qu’il s’agit, dans cette histoire, d’amour de l’autre, d’amour des autres, d’amour de la vie. Contre la barbarie et l’oppression. La vie est belle…Yvon Chaix (juillet 07)


Varsovie 1942 : Survivre ou mourir
Deux enfants juifs se démènent pour échapper aux rafles, se nourir et garder espoir face à l’inhumanité de l’envahisseur
Dans le cadre du 7ème Festival du Film sur la Résistance, le cinéthéâtre de la Ponatière accueillait une représentation de la pièce de théâtre La lumière volée, inspirée du roman éponyme d’Hubert Mingarelli, dont la mise en scène est signée Yvon Chaix. Sur scène, Elie et Gad - Manon Palacios, Anthony Lhuilier - dévoilent au grand jour les conditions de vie déplorables des juifs du ghetto de Varsovie pendant la guerre.
Survivre à Varsovie
L’un n’a plus de famille et de maison, l’autre survit grâce au marché noir. Contraints de s’installer au milieu des tombes d’un cimetière, ils montrent à travers leur histoire que leur vie ne se résume qu’à un flirt quotidien avec la misère et la mort. La discrimination dont ils sont victimes, les pousse à résister et à maudire l’atrocité de la dictature allemande. La nourriture est une denrée rare et serait introuvable sans l’aide d’une commerçante dévouée à la cause juive.
La lumière volée nous donne une véritable leçon de savoir vivre et d’humanité, en plus de raconter une période noire de l’Histoire. Yvon Chaix a réussi à mettre en scène une histoire d’une heure et demie, à la fois effrayante et magique. Magique par l’interprétation des personnages, et le regain d’énergie qu’ils réussissent à trouver au détour d’une rêverie. Le décor est d’une finesse remarquable, et le fait que tout se passe dans un seul lieu - le cimetière - apporte une richesse supplémentaire à l’interprétation des comédiens. Ils plongent instantanément les spectateurs au coeur de leur vie, de leur misère, mais aussi de la joie de vivre qui continue de les animer.

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