vendredi 8 juillet 2011

Juin 2011

Le système marchand a bousculé depuis de nombreuses années les vieux principes sur lesquels notre « profession » s’était construite après-guerre.
La situation que nous vivions au quotidien au fil de saisons plus risquées les unes que les autres nous obligeait à réfléchir à un nouveau modèle économique…
Mais… Le modèle de l’industrie culturelle était-il le seul chemin à emprunter ?
Les réseaux ne devenaient-ils pas des cercles trop étanches ?
Je continuais à penser que l’homme de théâtre restait un artisan, résistant au basculement dans l’extrême vitesse, dans le papillonnement qui écartèle les artistes dans des projets multiples trop souvent posés comme des produits destinés à fournir le marché.
Il fallait réfléchir à une autre politique qui aurait donné du temps à la recherche, à l’apprentissage, le droit à l’erreur et qui aurait posé comme fondement non pas la consommation, la médiatisation, la gestion comptable mais les valeurs de partage, remettant ainsi l’argent à sa place.
Repenser la répartition des financements en révisant les critères d’appréciation.
L’être et l’avoir…
Vieille question, trop souvent mise de côté au profit d’une rentabilité immédiate en termes d’image et d’équilibre budgétaire.
Créer au lieu de fabriquer, poser le lien à l’autre comme élément premier d’un commerce qui se veut ailleurs, autrement que celui instauré dans un dialogue « je vends - tu achètes… »

- Comment pouvions-nous résoudre la problématique économique posée aux compagnies dites « indépendantes » par un marché où la confusion règne, où des amateurs proposent des spectacles à « bas prix », où l’institution forte d’un subventionnement plus important arrose les territoires de spectacles de qualité à un prix défiant toute concurrence ?

- Inscrite dans une démarche d’irrigation des territoires depuis de très nombreuses années, la compagnie se demandait comment ne pas détruire ce lien créé avec de nombreuses communes éloignées de tout lieu centralisateur. Comment ne pas les abandonner à un moment où les subventions se réduisaient, saison après saison?

- Comment, devant l’impact violent de la baisse ou de la suppression de subventions pour certains, ne pas accepter la compromission artistique qui conduisait, par réflexe de survie, à fabriquer à la demande, à construire des spectacles sans décor, sans régies, solitaires, excluant ainsi l’embauche de tous ceux qui font le théâtre. Comment ne pas devenir de simples fournisseurs d’un marché à deux vitesses ?

- Comment ne pas accepter la proposition de certains diffuseurs, très vite adaptés au manque de financement, qui n’achetaient plus les spectacles mais proposaient un partage des recettes, voire une location de salle. (Certains artistes, depuis longtemps adeptes de cette pratique avaient ouvert la brèche dans laquelle s’engouffraient de nombreux responsables d’équipements culturels).

- Comment résister à la précarisation des conditions de travail et refuser l’écart creusé entre l’institution et le secteur indépendant subventionné.

Son départ du Théâtre le Rio, à la fin de l’année 1999, a marqué, pour la compagnie Yvon Chaix, le début d’une « nouvelle économie ».

Hors des circuits établis, des réseaux constitués, elle a tenté d’inventer un mode de fonctionnement autre. Ce « vivre autrement le théâtre » a permis sept ans de créations et de militantisme culturel en milieu montagnard à Saint Hilaire du Touvet, au sein d’un hôpital.
Une aventure notamment soutenue par la Région Rhône-Alpes et le Conseil Général de l’Isère.

Cet investissement continu sur le Département de l’Isère, qu’il se soit agi de créations ou d’ateliers pour les jeunes ou des amateurs est toujours resté l’un des enjeux fondamentaux inscrit dans l’histoire de la compagnie.

La tentative d’entrer à nouveau sur le marché de la diffusion en et hors Région,rendue obligatoire par la position qu’on nous avait imposée s’est révélée impossible à vivre…

Trop chers, aujourd’hui, pour ceux avec qui nous avions tissé des liens pendant de nombreuses années, redevenus « inconnus » pour certains diffuseurs davantage tournés vers des productions dont « on va parler »… nous avons emprunté une voie dont l’étroitesse nous a obligés à une remise en question continuelle.

Restait pour nous l’idée maîtresse que la marchandisation et le formatage à outrance de ce que nous créions et que nous avions du mal à ne considérer que comme un produit comme n’importe quel autre ne seraient pas l’avenir de notre profession.

Aujourd’hui j’ai décidé de laisser toutes ces questions en suspens, de prendre du recul vis-à-vis de ces problématiques, de m’éloigner du « milieu ».

Après 42 ans passés à vivre le théâtre comme un engagement vital, formé par un poète qui m’avait mis au monde ni pour faire uniquement du commerce ni pour m’exercer aux arts de la guerre, je m’avance pour un dernier salut.

Je souhaite que parmi tous ceux qui, un jour, ont partagé mon aventure, certains aient pu puiser quelques ferments qui produiront demain cette autre façon de vivre le théâtre.

Yvon Chaix (juin 2011)

mercredi 6 juillet 2011

Article paru dans le « Dauphiné Libéré » du 4 juillet 2011

Théâtre - Après 42 ans consacrés à la scène grenobloise, dont il aura été un des acteurs majeurs…

Fin de partie pour Yvon Chaix

Yvon Chaix s’en va. Il part, dit-il, sans amertume. Mais sans cacher non plus le constat qui l’a mené à cette décision forcément difficile à prendre : laisser derrière lui ce qui a fait sa vie, le théâtre. Et la raison en est, pour lui, évidente. Il l’avait d’ailleurs exposée dans un document de huit pages, envoyé il y a quelques mois à plus de cinquante personnes représentant les autorités de tutelle de la culture régionale, où sous le titre de « Notes sur un hiver de notre déplaisir », il dressait un état des lieux de l’économie d’un théâtre grenoblois étranglé à la fois par la crise et par une situation verrouillée, interdisant de fait aux compagnies indépendantes de pouvoir décemment assurer leur travail. Deux réponses compatissantes, en tout et pour tout (celles du maire de Grenoble et de la directrice des Affaires culturelles de la Région), et aucune suite… Dans un contexte difficile, où l’herbe folle pousse dans un stade budgétivore aujourd’hui en jachère et où la culture passe, dans la hiérarchie des vice-présidences du conseil général, de la troisième à la quatorzième place, les réductions drastiques de subventions traduisent à l ‘évidence des choix, dont il fait bien tirer les conséquences.



Une certaine idée du théâtre



Yvon Chaix a toujours défendu et illustré une certaine idée du théâtre : un théâtre littéraire, un théâtre de troupe, un théâtre d’exigence. L’aventure avait commencé dans l’effervescence post-68, avec la fondation d’une compagnie où se retrouvaient à ses côtés Elena Pastore, sa toute jeune épouse, Frédéric Biaudet et Claude Henri Buffard. C’était l’époque où toute une génération se lançait dans l’aventure théâtrale. Chaix y côtoyait les Lavaudant, Garcia Valdes, Morier-Genoud, Arbona, Berramdane, Brisa, Chantal Morel, Renata Scant et nombre d’autres qui faisaient alors de Grenoble une de ces villes où le théâtre était vivant. En 1983, il prenait la direction du Rio, où il allait rester jusqu’en 1999. Il y créait une soixantaine de spectacles, y faisant découvrir sous un jour nouveau tant Flaubert que Montalban, Wedekind que Sam Shepard, Brecht que Strindberg, Cholerlos de Laclos que Tennessee Williams, Maupassant que Pasolini. Y recevant de grands noms de la scène, Maréchal, Mesguisch, Martinelli ; y lançant aussi de jeunes comédiens, voire de jeunes metteurs en scène de talent.



Vivre plutôt que survivre



Après le Rio, lui et son épouse poursuivaient l’aventure à Saint Hilaire du Touvet, puis le lieu fermant, sur des scènes empruntées, à droite à gauche, avec des difficultés de plus en plus grandes à monter les spectacles qu’il concevait. Yvon Chaix a donc décidé de baisser le rideau. Besoin de retrouver loin de Grenoble, les valeurs auxquelles il croit : la simplicité, la sincérité, la lenteur. Besoin de respirer, de vivre plutôt que de survivre.

Article signé Jean SERROY

samedi 19 février 2011

Charte des acteurs culturels en Isère

La charte est en ligne ICI
Et le compte rendu de la réunion du 2 mars est en ligne ICI

lundi 15 novembre 2010

Ça ne tourne (toujours) pas rond




Un spectacle écrit et mis en scène par Yvon Chaix
d’après des nouvelles insolites collectées par Claire Maupas, journaliste au Courrier International

Interprété par Elena Pastore

Vidéo du journal local de France 3 Alpes du 22 mars 2011 présentant le spectacle ICI

Ça ne tourne pas rond dans le monde…
Ça ne tourne pas rond dans cet endroit qui ressemble à un studio d’enregistrement…
Ça ne tourne pas rond dans la tête de cette femme, dont on se demande si ce qu’elle nous dit est la vérité ou pure affabulation...

L’homme est une drôle de bête…
Drôle de bête qui perd sa drôlerie lorsque, se prenant pour une espèce évidemment intelligente, il impose SA VERITE.
Triste spectacle de sa suffisance qui prête au rire quand l’horreur de la mort ne conclut pas ses expériences jusqu’au-boutistes destinées à prouver son savoir, son pouvoir.
Gustave Flaubert aurait aimé ce « Dictionnaire de la vie ordinaire », concocté par Claire Maupas du « Courrier International ».
Nous l’aimons et avons décidé de le faire entendre.
Dans un ordre alphabétique, tout le désordre d’un monde que le cerveau humain a la prétention de maîtriser.
Bouvard et Pécuchet ne sont pas morts. Leurs clones ont envahi notre planète.
Il y a urgence…

Yvon Chaix juin 2006



Ainsi va le monde…

Vous êtes énervé ? frappez quelqu’un. Pour 1000 yens (7 euros), vous pouvez vous défouler pendant trois minutes sur Jun Sato qui travaille comme punching-ball humain dans le quartier commerçant de Ginza, à Tokyo. « J’aime bien qu’on me cogne dessus. Les affaires marchent bien, et c’est une autre façon de voir la vie » a-t-il déclaré au Mainichi Daily News (novembre 1999).

Les porcs britanniques se nourrissent depuis des années d’énormes quantités d’alcool de contrebande saisi par les douanes. Plus de 17 millions de litres de bière, de vin et de spiritueux d’Europe continentale ont servi à fabriquer de la pâtée pour porcs ou de l’engrais entre 2001 et 2005. des champs de maïs ont été aspergés de cidre et des centaines de tonnes de tabac de contrebande ont été incinérés pour fournir de l’électricité au réseau national, nous apprend The Daily Telegraph (avril 2006).


Drôle, loufoque, inattendue, la dernière création d'Yvon Chaix est un vrai rayon de soleil dans la grisaille de cette fin d'automne. Réunissant des extraits d'un "Spécial Insolites" publié par Courrier International, "Ça ne tourne pas rond" est interprété en solo par Elena Pastore franchement désopilante, qui se glisse dans la peau d'une présentatrice télé pour nous donner des nouvelles du monde tout à fait surprenantes.

UN MONDE (PRESQUE) PARFAIT
Un plateau télé : bureau design, écrans couvrant les murs, pendules à l'heure de toutes les capitales. Une présentatrice prépare son émission. Une émission rassemblant des nouvelles toutes plus surprenantes et loufoques les unes que les autres puisque, pour ce nouveau spectacle, Yvon Chaix s'est inspiré d'un cahier "Spécial Insolites" publié par "Courrier International". De l'utilisation par les Indiens du Coca-Cola comme pesticide à l'interdiction par eBay de vendre son âme sur Internet, en passant par un calcul très sérieux de la température qu'il fait au paradis, "Ça ne tourne pas rond" est une pièce habilement construite, légère et très rythmée, dont la mise en scène joue beaucoup sur le clin d'oeil, le décalage, le petit détail qui fait mouche.
Et si l'on rit franchement du début à la fin, c'est surtout grâce à Elena Pastore qui interprète seule ce spectacle. Décidément très à l'aise dans le registre comique et déjanté, la comédienne ose tous les excès, jouant à fond la carte de l'humour. Et ça fonctionne admirablement !

Annabel Brot - Le Dauphiné Libéré / mercredi 29 novembre 2006
A propos de la première version du spectacle

samedi 17 juillet 2010

Avant que le millénaire nous sépare

de Manuel Vázquez Montalbán, une traduction de George Tyras
un spectacle mis en scène et joué par Yvon Chaix



« Je suis un communiste hédoniste et sentimental » Manuel Vázquez Montalbán

Il y a plusieurs années en arrière, entouré d’une brigade d’acteurs - serveurs, en duo avec Charo, la compagne du fameux détective Carvalho, Biscuter son second, sans grande envergure, s’interrogeait sur l’une des dernières enquêtes du personnage mythique inventé par Manuel Vázquez Montalbán. « Carvalho cuisine Montalbán » (c’était le titre du spectacle) avait alors été joué de très nombreuses fois à Grenoble, puis au théâtre de La Tempête à Paris, avant de partir au Festival de Montréal.

Seul en scène cette fois, préparant un gigot d’agneau à la bière, qu’il fera partager au public, Yvon Chaix revient vers cet auteur dont il a porté à de nombreuses reprises la parole au cours de spectacles ou de lectures .

A travers son œuvre « plus ou moins policière » ou ses romans politiques ou historiques, Manuel Vázquez Montalbán, dont Yvon Chaix avait en projet de mettre en scène « Ou César ou rien », roman historique sur la famille Borgia, reste l’un des intellectuels qui ont marqué leur époque.




Dans « Avant que le millénaire nous sépare », après une cohabitation de vingt-cinq ans, l'auteur s'apprête à mettre à mort son personnage. Carvalho sait que Montalbán ne lui donne plus que deux livres à vivre: « Ces derniers temps, il ne me laisse ni forniquer ni boire à mon aise Depuis plusieurs romans, il prépare ma disparition.» En exhibant Carvalho sur une scène, Montalbán s'exhibe lui-même comme jamais auparavant. Carvalho, devenu une marionnette dont son père littéraire tire les fils, cesse d'être un bouclier entre le lecteur et l'écrivain, entre l'auteur et la réalité, pour se muer en miroir. Ce prélude à la mise à mort de Carvalho se mue en une mise en abyme de la propre existence et de l'identité d'écrivain de Montalbán.

« ''Entre un improbable réfrigérateur qui ne connaîtrait pas la pesanteur, dont les rayonnages seraient garnis de livres et une table exposant quelques romans et autres ouvrages dont les pages semblent regorger d’herbes aromatiques, d’épices et de condiments…Peut-être est-ce le contraire… A la frontière de l’irréel, personnage sorti de sa cuisine littéraire, Pepe Carvalho sera là, au centre d’un carré de tables derrière lesquelles seront assis les spectateurs. Invités à un repas, lecteurs studieux d’une bibliothèque d’études, peut-être les deux. Quelques feuilles arrachées dans une main, une cuillère à sauce dans l’autre, l’acteur jonglera avec cette histoire comme Manuel Vázquez Montalbán avec sa créature. Avec amour, avec délice et avec humour, gage d’humanité'' ». Yvon Chaix

LE CALENDRIER :
Voir agenda


A propos du précédent spectacle inspiré de Montalbán : « Carvalho cuisine Montalbán »

"Le spectacle d'Yvon Chaix est un régal que le dîner de fin, délicieux et dégusté sur place, contribue à rendre sans égal". M. Ridard / Info Annonces

"En nous recevant dans un restaurant aux couleurs locales, Chaix tend une main conviviale à un public lentement cuisiné dans le rire et la nostalgie pour l'initier plus tard aux rites culinaires espagnols. Il endosse l'imper beige de Biscuter, malfrat à la petite combine, et nous régale de ces histoires à la sauvette entre Lerida et Madrid, prétexte à balader sa «Seat modèle unique» dans les entrailles de l'Espagne (hilarante apologie d'une scatologie sociale)". R. Gonzales / Le Petit Bulletin

"Un croisement, une interprétation habile de trois aspects culturels: la culture culinaire, la culture comportementale et la culture socio-politique tournées en dérision". Chrysale / Les Affiches de Grenoble et du Dauphiné

Dossier du spectacle en ligne.

Faut reconnaître, c'est du Audiard !

(titre provisoire)
d’après Michel Audiard
un projet d’écriture et de mise en scène d’Yvon Chaix




«Ainsi pendant plus de vingt ans, a-t-on assassiné Audiard qui fut pourtant en maintes occasions un dialoguiste rudement inventif, doué d’un vrai lyrisme populaire, d’une cocasserie vertigineuse et d’une poétique vraie… » Bertrand TAVERNIER

« Vous savez, j’aurais aimé tourner «Citizen Kane» et écrire «Voyage au bout de la nuit». Je ne suis pas compliqué » Michel AUDIARD

L’écriture et ses sources

1960
Un quartier populaire.
Un immeuble voisin de la gare.
Au bas de l’allée, un bistrot lieu de rencontres et de règlements de compte. Un lieu interlope.
On y tapait le carton à longueur de journées avant de poursuivre d’autres affaires dans un coin sombre de la ruelle adjacente.
Le dimanche après-midi, c’était «cinéma» en famille.
Une grande salle aux balcons imposants et des ouvreuses au panier garni de bonbons, caramels, esquimaux, chocolats…
Là, la réalité était en noir et blanc et les personnages habillés de dialogues plus riches que ceux que je surprenais au bas de notre escalier…
Georges Lautner, Henri Verneuil, Denys de la Patellière et bien d’autres me faisaient découvrir les étoiles d’un cinéma dit populaire.
J’ai grandi ainsi entre la partie de belote, le bal derrière le clos de boules, le cinéma comme voyage hebdomadaire.
Cinquante plus tard, quand je regarde ceux que j’ai côtoyés, apprivoisés comme adaptateur ou comme metteur en scène, je me dis que ces années 60 ne sont pas étrangères à ma volonté d’interroger toujours et encore textes et personnages inscrits dans cette mémoire où j’ai besoin de reconnaître, de me reconnaître.

Le projet autour des dialogues de Michel Audiard, en cours d’écriture, se veut avant tout une évocation de ces films dont chacun conserve tel ou tel extrait dans son souvenir.
J’aborde ces dialogues comme la redécouverte d’un patrimoine.
Dans la filmographie immensément riche de Michel Audiard, j’irai bien sûr vers les « dialogues cultes », mais aussi vers quelques perles rares moins souvent exposées.
Un travail sur un vocabulaire et une syntaxe, l’exploration d’une écriture restituée sans souci de reconstitution ni de modernisation.
Une réorganisation de certains dialogues effectuée simplement avec l’humilité et le respect que l’on porte à un grand classique.
Comme un album souvenir qu’on feuillette, comme une chanson qu’on fredonne, que chacun va reprendre à sa manière parce qu’elle représente un petit quelque chose dans un moment de sa vie.

Yvon Chaix (printemps 2010)

«J’ai horreur du cinéma muet, pour les raisons que vous devinez» Michel Audiard

Michel Audiard naît le 15 mai 1920, dans le XIVe arrondissement de Paris, quartier populaire à l’époque, où il est élevé par son parrain. Il y poursuit sans grand intérêt des études qui le mènent jusqu'à un certificat d’études et un CAP de soudeur.
Passionné très jeune de littérature et de cinéma, il se forge une solide culture en lisant notamment Rimbaud, Proust et Céline et découvre les dialogues de Jeanson et de Prévert. Passionné également de bicyclette, il traîne du côté du Vélodrome d'hiver où il rencontre André Pousse qu'il introduira plus tard dans le métier d’acteur.
La Seconde Guerre mondiale, à laquelle il ne participe pas, est pour lui une période de privations et la libération, le spectacle de tristes règlements de comptes. Au lendemain de la guerre, il vivote comme livreur de journaux ce qui lui permet d’approcher le milieu du journalisme. Il entre ainsi à « L'étoile du soir » où il commence une série d'articles sur l’Asie rédigée sur les comptoirs des bistrots parisiens. La découverte de l'imposture lui valant d'être rapidement remercié, il devient alors critique pour Cinévie.
En 1949, le réalisateur André Hunebelle le fait entrer dans le monde du cinéma en lui commandant le scénario d’un film policier « Mission à Tanger », bientôt suivi de deux autres films, trois romans policiers, et des premiers succès d’adaptation de romans au cinéma (Le Passe-muraille, Les Trois Mousquetaires).
Sa notoriété s’étend et, en 1955, c’est la rencontre avec Jean Gabin à qui il propose le scénario de « Gas-oil ». Ainsi commence une collaboration de sept ans et dix-sept films, dont plusieurs grands succès (Les Grandes Familles, Les Vieux de la vieille, Le Baron de l'écluse, Un singe en hiver), et qui ne s’est que peu interrompue (Babette s'en va-t-en guerre, Un taxi pour Tobrouk).
En 1963, il écrit pour Jean-Paul Belmondo (100 000 dollars au soleil d'Henri Verneuil) et toute une équipe d’acteurs talentueux : Lino Ventura, Francis Blanche, Bernard Blier, Jean Lefebvre, etc...(Les Tontons flingueurs et Les Barbouzes de Georges Lautner).
En 1966, il entame une carrière de réalisateur (Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas, mais... elle cause !, Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages). Mais après huit films et un documentaire, dont les succès restent médiocres, il revient à sa véritable vocation.
Le 19 janvier 1975, alors qu’il travaille avec le réalisateur Philippe de Broca au scénario de L'Incorrigible, il est durement touché par la nouvelle de la mort de son fils François, tué dans un accident de voiture. Il en conservera une profonde tristesse qui donnera désormais à son œuvre une tonalité plus sombre (Garde à vue et Mortelle randonnée de Claude Miller), même s’il continue par ailleurs à participer à de gros succès populaires (Le Grand Escogriffe, Tendre Poulet, Le Guignolo, Le Professionnel, Canicule). En 1978, il publie un roman en partie autobiographique « La nuit, le jour et toutes les autres nuits », pour lequel il recevra le prix des Quatre jurys. Il obtient enfin la reconnaissance de ses pairs en remportant le César du meilleur scénario en 1982 pour « Garde à vue ».
Il meurt le 28 juillet 1985 dans sa maison de Dourdan, en Essonne.

« Audiard est devenu une marque qui recouvre toutes les autres, comme une Mobylette désigne tous les vélomoteurs, comme un Frigidaire tous les réfrigérateurs, comme la fermeture Eclair ou le Klaxon . « C’est du Audiard ! », « On dirait du Audiard ! » Alain Paucard

Le calendrier :
Création et la tournée du spectacle prévues à l’automne 2011.

Histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler

d’après Luis Sepulveda
une adaptation et une mise en scène d’Yvon Chaix
accompagnées d’un projet d’action théâtrale




LA FABLE

Prise dans une marée noire, une mouette effectue son dernier vol et vient s’abattre sur un balcon de Hambourg.
Avant de mourir, elle arrache à Zorbas, le chat qui occupe les lieux, la promesse « de ne pas manger l’œuf qu’elle va pondre avec ses dernières forces, de s’en occuper jusqu’à la naissance du poussin, et de lui apprendre à voler ».
Colonello et Secrétario… tous les chats du port de Hambourg vont se mobiliser pour l'aider à tenir ces promesses insolites. Ils rencontreront Jesaitout, le chat amateur d'encyclopédie, Vent-debout, grand voyageur, des rats, et même Matias le chimpanzé.
Le récit de Luis Sepulveda est très attachant, empreint d'humour, de sagesse aussi. Un très beau conte, à mettre entre toutes les mains, et à lire aux chats mal élevés !
A travers les aventures rocambolesques et drôles de Zorbas et Afortunada, on découvre la solidarité, la tendresse, la nature et la poésie.

L'AUTEUR


Luis Sepúlveda, écrivain chilien est né le 4 octobre 1949 à Ovalle.
Son premier roman, Le Vieux qui lisait des romans d'amour, traduit en trente-cinq langues et adapté au grand écran en 2001, lui a apporté une renommée internationale. Son œuvre, fortement marquée par l'engagement politique et écologique ainsi que par la répression des dictatures des années 70, mêle le goût du voyage et son intérêt pour les peuples premiers.

Il milite très jeune dans les Jeunesses communistes. Étudiant, il est emprisonné par le régime du général Augusto Pinochet et séjourne deux ans et demi à Temuco, prison pour opposants politiques : « A la fin d’un procès sommaire du tribunal militaire, en temps de guerre, à Temuco en février 1975, au terme duquel je fus accusé de trahison de la patrie, conspiration subversive, et appartenance aux groupes armés, entre autres délits, mon avocat commis d’office (un lieutenant de l’armée chilienne) est sorti de la salle - nous sommes restés dans une salle à côté - et, euphorique, m’a annoncé que ça s’était bien passé pour moi : j’avais échappé à la peine capitale et j’étais condamné seulement à vingt-huit ans de prison.»

En 1977, grâce à l'intervention d'Amnesty International, Luis Sepúlveda est libéré. Sa peine de vingt-huit ans de détention est commuée en huit années d'exil en Suède. En fait, le jeune homme va voyager et sillonner l'Amérique du Sud. Il séjourne en Équateur, où il fonde une troupe de théâtre dans le cadre de l'Alliance française ; puis au Pérou, en Colombie et au Nicaragua, pays où il s'engage dans la lutte armée aux côtés des sandinistes (dans la brigade Simon Bolivar).En 1978, il partage pendant un an la vie des indiens shuars dans le cadre d'un programme d'étude pour l'UNESCO afin d'étudier l'impact de la colonisation sur ce peuple.
A partir de 1982, Luis Sepúlveda s'installe en Europe, d'abord à Hambourg en Allemagne. L'écrivain s'établit ensuite dans les Asturies, dans le nord de l'Espagne. Il milite à la fédération internationale des droits de l'homme.

Ses ouvrages :

«L’ombre de ce que nous avons été», «Le Vieux qui lisait des romans d'amour», «Le Monde du bout du monde», «Un Nom de toréro», «Histoire d'une mouette et du chat qui lui apprit à voler», «Le Neveu d'Amérique», «Rendez-vous d'amour dans un pays en guerre», «Journal d'un tueur sentimental», «Hot Line», «Les Roses d'Atacama», «La Folie de Pinochet», «Une sale histoire», «Les Pires Contes des Frères Grim» (co-écrit avec Mario Delgado Aparain), «La lampe d'Aladino et autres histoires pour vaincre l'oubli».

Yvon Chaix et Luis Sepulveda :

En 2002, Yvon Chaix jouait «Le vieux qui lisait des romans d’amour»(créé dans le cadre de «l’hommage à l’acteur», à l‘Amphithéâtre de Pont de Claix, le spectacle a tourné dans de nombreux établissements de la région).

En 2010, il créait une adaptation de certaines nouvelles empruntées au recueil «Rendez-vous d’amour dans un pays en guerre».

Les propositions de démarche d'action théâtrale sont à demander auprès de la compagnie.

lundi 5 juillet 2010

Mai 2010

"J'ai conçu l'une de mes récentes créations, "Rendez-vous d'amour dans un pays en guerre", comme un long poème, invitation au voyage, porte ouverte sur le rêve.

Nombreux sont les spectateurs qui connaissaient ou pas Luis Sepulveda, dont plusieurs nouvelles ont nourri ce texte que j'ai joué, qui ont pu me dire "c'est ce genre de spectacle qu'il faut faire aujourd'hui". Affirmer la puissance de l'imaginaire, faire découvrir des textes loin des formats imposés. Je le crois aussi, revendiquant mon statut d'artiste poète au service d'un théâtre de création.

Aujourd'hui, après quarante ans d'exploitations multiples, d'expériences insolites, après avoir vécu le théâtre comme un véritable engagement qui se veut au service des publics, comment accepter de se soumettre au réalisme économique".

Le commerce que chaque jour nous établissons avec nos spectateurs, avec les nombreux élèves que nous rencontrons n'a pas pour but la recherche du profit mais bien plutôt la découverte de l'autre, l'échange autour d'une œuvre, le partage d'un voyage original".

Yvon Chaix, mai 2010

samedi 5 juin 2010

Contact

La compagnie cessera définitivement ses activités à la fin de l’année 2011.
Vous pouvez toujours joindre ses fondateurs Elena Pastore et Yvon Chaix, sur leurs boîtes mail : chaix.elena@neuf.fr / yvonchaix@neuf.fr

La Compagnie Yvon Chaix, est une association présidée par Joseph ARGENTO. Elle est subventionnée par le Conseil Général de l'Isère, le Conseil Régional Rhône-Alpes et la Ville de Grenoble.
SIRET : 779 543 545 00031/ APE 9OO 1 Z / Licence 2-134807, 3-134808.

Adresse postale : 1 rue de la Liberté 38000 Grenoble
Bureaux, studio de répétitions : Ancien Musée de Peinture, place de Verdun 38000 Grenoble
Mél : comychaix@free.fr
Site internet : www.compagnie-yvon-chaix.com
Tél. : 04 76 44 70 11 - Fax : 04 76 44 77 04

Equipe artistique : Yvon Chaix, Elena Pastore
Equipe administrative : Elena Pastore, Sandrine Rey (comptable), Anne Musslin (communication)
Equipe technique : (intermittents du spectacle) : Lellia Chimento, Marie-Pascale Bertrand, Frederic Soria, etc... selon les spectacles.

Joseph Argento et Marie Perrin sont respectivement président et trésorière de l'association "Compagnie Yvon Chaix".

jeudi 6 mai 2010

La lumière volée


un roman d’Hubert Mingarelli (éditions Gallimard)
adapté et mis en scène par Yvon Chaix, assisté d’Elena Pastore
avec Manon Palacios (Elie) et Anthony Lhuilier (Gad)
Accessoires, régie de plateau et apparitions : Lellia Chimento
Régie sons et lumières : Marie-Pascale Bertrand


1942. Ghetto de Varsovie. Elie, onze ans s'est réfugié dans le cimetière du ghetto de Varsovie. Il vit au jour le jour, installé contre la tombe de Joseph Cytrin à qui il confie ses inquiétudes, ses découvertes. Les Allemands opèrent les premières rafles de Juifs et traquent les jeunes trafiquants sans lesquels le ghetto serait affamé. Une nuit, Elie est rejoint par l'un deux, Gad, un peu plus âgé que lui, et qui lui inspire tout à la fois admiration et crainte. Entre les deux enfants, une amitié se noue peu à peu, et le quotidien s'organise : il faut se nourrir, échapper aux Allemands, et aussi s'inventer des histoires pour vaincre la peur…

Texte des rêves éveillés d'adolescents, texte de l'espoir vain, La Lumière volée, puisant dans la réalité historique, est une œuvre sans détour, à la fois tragique et poétique, qui tend sans cesse vers le sublime, à travers une écriture intime, comme une voix qu'on entend du bout des lèvres, dans le noir. Hubert Mingarelli écrit comme on murmure avec une attention infinie apportée à ses personnages. Ses histoires, souvent immobiles, nous font entrer de plein-pied au cœur d’une enfance que borde, peut-être, une incommensurable absence. J’ai dirigé mes élèves comme je dirige les acteurs qui travaillent avec moi. Avec le souci de l’évidence, de la simplicité, de la sincérité. Loin du formalisme ou de codes soumis aux modes. Simple et authentique, l’écriture d’Hubert Mingarelli l’est tout au long de chacun de ses romans. J’ai donc travaillé à rendre cette histoire la plus immédiate possible, à éclairer la relation de ces deux adolescents de la lumière de la plus grande vérité des sentiments. J’ai travaillé sur cette idée d’un « huis clos en plein air ». Ce cimetière, où Elie a élu domicile et où il invite Gad à partager ses rêves et ses espoirs, condense toute une vie. J’ai travaillé avec humilité, faisant porter les mots d’Hubert Mingarelli par ces jeunes acteurs avec le souci de l’évidence. L’horreur vécue par ces deux adolescents, ce quotidien suspendu à la trajectoire d’une balle perdue ou d’un mot lancé trop fort qui pourrait leur être fatal, je les ai mis en scène avec amour. Car c’est de cela qu’il s’agit, dans cette histoire, d’amour de l’autre, d’amour des autres, d’amour de la vie. Contre la barbarie et l’oppression. La vie est belle…Yvon Chaix (juillet 07)



Varsovie 1942 : Survivre ou mourir
Deux enfants juifs se démènent pour échapper aux rafles, se nourir et garder espoir face à l’inhumanité de l’envahisseur
Dans le cadre du 7ème Festival du Film sur la Résistance, le cinéthéâtre de la Ponatière accueillait une représentation de la pièce de théâtre La lumière volée, inspirée du roman éponyme d’Hubert Mingarelli, dont la mise en scène est signée Yvon Chaix. Sur scène, Elie et Gad - Manon Palacios, Anthony Lhuilier - dévoilent au grand jour les conditions de vie déplorables des juifs du ghetto de Varsovie pendant la guerre.
Survivre à Varsovie
L’un n’a plus de famille et de maison, l’autre survit grâce au marché noir. Contraints de s’installer au milieu des tombes d’un cimetière, ils montrent à travers leur histoire que leur vie ne se résume qu’à un flirt quotidien avec la misère et la mort. La discrimination dont ils sont victimes, les pousse à résister et à maudire l’atrocité de la dictature allemande. La nourriture est une denrée rare et serait introuvable sans l’aide d’une commerçante dévouée à la cause juive.

La lumière volée nous donne une véritable leçon de savoir vivre et d’humanité, en plus de raconter une période noire de l’Histoire.
Yvon Chaix a réussi à mettre en scène une histoire d’une heure et demie, à la fois effrayante et magique. Magique par l’interprétation des personnages, et le regain d’énergie qu’ils réussissent à trouver au détour d’une rêverie. Le décor est d’une finesse remarquable, et le fait que tout se passe dans un seul lieu - le cimetière - apporte une richesse supplémentaire à l’interprétation des comédiens. Ils plongent instantanément les spectateurs au coeur de leur vie, de leur misère, mais aussi de la joie de vivre qui continue de les animer.


Dossier du spectacle en ligne.

samedi 3 avril 2010

Historique prédagogique

Formé par Gabriel Cousin, au creuset de l'éducation populaire, à la fin des années 60, Yvon Chaix a toujours gardé en lui ce désir de partage de son art.

Professeur d'art dramatique au Conservatoire de Bourgoin-Jallieu depuis 2006, il a le plus souvent lié les créations de sa compagnie à la pédagogie.

Durant seize ans, la compagnie a été le partenaire du Lycée Champollion de Grenoble, dans le cadre de la formation L3 théâtre (SECTION THEATRE BACCALAUREAT)

Au Théâtre de Rocheplane, où elle a vécu sept années de répétitions et de créations, elle a animé un atelier pour le personnel soignant de l'hôpital et pour la population du Plateau des Petites Roches. Elle a eu le souci aussi de travailler avec les écoles du Plateau en invitant, par exemple, l'Album Cie ou l'Atelier des Musiciens du Louvre à faire découvrir aux enfants la danse contemporaine ou la musique de Mozart. La compagnie a animé des ateliers de pratique artistique à l'école de Saint Hilaire du Touvet et de Saint-Pancrasse lors de la saison 2000-01

Nombreux sont les établissements (écoles, collèges ou lycées) qui ont pu ainsi rencontrer la compagnie à un moment ou à un autre de son histoire. De nombreux établissements ont ainsi bénéficié des mesures d'accompagnement autour de différents spectacles (répétitions publiques, rencontres, ateliers de pratique théâtrale autour de « Sissi pieds jaunes », « Marie Stuart » « Effroyables jardins » « Qui a peur de Virginia Woolf », « La puissance des mouches » « La lumière volée »). A Grenoble La Cité Internationale, le Lycée Champollion , le Lycée des Charmilles, le Lycée Argouges, le Lycée ISER, le Lycée Mounier, l'Externat Notre-Dame, le Lycée du Clos d'or. A Chambéry , le Lycée Horticole, le Bocage, le Lycée Vaugelas. A la Côte St André, le Lycée Saint Cécile, le Lycée de l'Oiselet. A Bourgoin-Jallieu, le Lycée l'Odyssée. A Pont de Chéruy. A Meylan, le Lycée du Grésivaudan. A Seyssinet, le Lycée Aristide Bergès. A Voiron, le Lycée F. Buisson. A Saint Ismier, l'Ecole Pupilles de l'air. Au Péage de Roussillon, le Lycée Jeanne d'Arc. A la Tronche, (l'ITEC).

En marge des créations tournées sous le chapiteau du Conseil Général de l'Isère, la Cie Yvon Chaix a proposé, au public des communes visitées, un atelier de chant destiné à tous ceux qui aiment chanter ou qui aimeraient chanter et un autre atelier réservé à la pratique théâtrale autour de contes de Maupassant : « comment le théâtre peut naître au fil des mots ? »

Deux années de suite (2006-2007), la compagnie a animé un atelier de pratique artistique au Lycée professionnel de La Côte-Saint-André.

Durant la saison 2007-08, la compagnie est intervenue dans cinq communes du Nord Isère, en collaboration avec l'Inspection Académique et le Théâtre Jean Vilar, pour des élèves d'écoles maternelles et primaires.

Quand le spectacle le permet, les interventions pédagogiques associent l'auteur mis en scène. Ce fut notamment le cas avec Lydie Salvayre, auteur de « La puissance des mouches », qui a fait bénéficier de sa présence les élèves de Cité scolaire internationale de Grenoble.

Chaque projet de création porte en lui une nouvelle relation à ces publics que sont les collégiens, les lycéens. Relation privilégiée depuis de très nombreuses années et qui se développera encore sur les prochaines créations de la compagnie.

En 2009, les lycéens ont pu rencontrer la compagnie autour de son spectacle « Les Liaisons dangereuses » d'après Choderlos de Laclos (le film de Stephen Frears est au programme des classes terminales L).

Actions pédagogiques 2010 et 2011

A Grenoble :L'atelier théâtre avec le personnel hospitalier du Centre Médical Rocheplane de Saint Martin d’Hères aura lieu le mardi soir au studio de Verdun.
Création, de janvier à juillet 2011, d'un texte de théâtre avec un groupe adulte amateur.

A Saint Quentin Fallavier :L'atelier théâtre avec des amateurs est reconduit le mercredi soir au Centre Culturel George Sand.

A Saint Ismier : Atelier de pratique artistique avec les élèves de CM2 de l'école La Poulatière autour du texte de Luis Sepulveda "Histoire de la mouette et du chat qui lui apprit à voler".

A l'Alpe d'Huez : Classe théâtre avec les élèves de CM1 et CM2 de l'école de l'Alpe d'Huez autour du texte de Luis Sepulveda "Histoire de la mouette et du chat qui lui apprit à voler". Ce travail théâtral est accompagné d'un travail musical. Deux représentations ont été données en juin 2011 dans la salle de spectacles de la commune.

vendredi 11 décembre 2009

Rendez-vous d'amour dans un pays en guerre

d’après Luis Sepulveda
adapté, mis en scène et joué par Yvon Chaix
accompagné par le chant par Milù Bustamante


« Qui est donc cet homme qui nous parle de tant de choses, de tant d’endroits, de tant d’hommes et de femmes ? »

Un homme sans âge, qui aurait traversé plusieurs déserts… Quelque part du côté de l’arrière-salle d’un bar… On ne peut savoir si le jour est là ou si la nuit l’a remplacé, depuis bien longtemps… A moins que tout soit noyé dans le brouillard…


Gardien d’une mémoire enfouie, chercheur de souvenirs à la frontière du réel, il nous parle de rendez-vous manqués avec soi et les autres… A ses pieds, un chien. Sans doute, cet animal l’a-t-il accompagné de longues années. Dans un halo incertain, une femme chante, comme la mémoire d’une culture disparue, émanation de Violetta Parra. Les deux voix se répondent, sans lien apparent …

A partir de plusieurs nouvelles dont les trames se mêleront, à la crête de l’impossible réalité, les histoires s’emboîtent comme dans un puzzle dont il pourrait manquer quelques pièces. Mais ce vieil homme saura finalement nous donner la clé pour pénétrer dans son monde.
Yvon Chaix (mars 2009)

En forme de rappel

En 2002, Yvon Chaix jouait « Le vieux qui lisait des romans d’amour ». (créé dans le cadre de « l’hommage à l’acteur », à l ‘Amphithéâtre de Pont de Claix, le spectacle a tourné dans de nombreux établissements de la région)

« La littérature, c’est un peu mon Amazone à moi... J’aime les histoires qui sous l’apparente simplicité de leur écriture nous emmènent sur les frontières de nos déséquilibres. J’aime la langue espagnole. Des auteurs comme Javier Tomeo, Manuel Vázquez Montalbán, Juan Marsé pour l’Espagne, Eduardo Mallea pour l’Amérique du Sud m’ont accompagné ces dernières saisons (...) J’aime redevenir acteur pour affronter en solitaire le vertige des mots (…) Les personnages de Luis Sepulveda sont porteurs d’humanité, d’une sorte de sagesse active, qui gardent en eux cette part de rêve de l’enfance. Ce sont, pour l’acteur que je suis, des personnages dont l’exploration n’est jamais achevée tant la richesse qu’ils offrent est infinie.

« Rendez-vous d’amour dans un pays en guerre » est un recueil de 27 nouvelles relatant chacune un destin singulier, souvent désenchanté.

« La vie semble faite d'une accumulation de failles imperceptibles qui transforment souvent les désirs, les amours, les amitiés, les rêves, les projets politiques, tout ce qui compte dans une vie, en détours inexorables du destin. Ces histoires racontent des situations marquées par ces brisures, ces glissements, ces rendez-vous manqués que les protagonistes n'ont pas su ou pas voulu éviter. Ces histoires font rire et réfléchir, lorsqu'elles nous tendent un miroir, et nous conduisent dans des pays lointains, dans des intrigues mystérieuses, dans des endroits peuplés de gens simples ou extraordinaires. Émouvantes ou cocasses, elles portent toutes la marque de l'incomparable puissance de Luis Sepúlveda dans sa transformation de la réalité en littérature. » (éditions Métailié).



Biographie

Luis Sepúlveda est un écrivain chilien né le 4 octobre 1949 à Ovalle. Son premier roman, Le Vieux qui lisait des romans d'amour, traduit en trente-cinq langues et adapté au grand écran en 2001, lui a apporté une renommée internationale. Son œuvre, fortement marquée par l'engagement politique et écologique ainsi que par la répression des dictatures des années 70, mêle le goût du voyage et son intérêt pour les peuples premiers.

Il milite très jeune dans les Jeunesses communistes. Étudiant, il est emprisonné par le régime du général Augusto Pinochet et séjourne deux ans et demi à Temuco, prison pour opposants politiques : « A la fin d’un procès sommaire du tribunal militaire, en temps de guerre, à Temuco en février 1975, au terme duquel je fus accusé de trahison de la patrie, conspiration subversive, et appartenance aux groupes armés, entre autres délits, mon avocat commis d’office (un lieutenant de l’armée chilienne) est sorti de la salle - nous sommes restés dans une salle à côté - et, euphorique, m’a annoncé que ça s’était bien passé pour moi : j’avais échappé à la peine capitale et j’étais condamné seulement à vingt-huit ans de prison. »

En 1977, grâce à l'intervention d'Amnesty International, Luis Sepúlveda est libéré. Sa peine de vingt-huit ans de détention est commuée en huit années d'exil en Suède. En fait, le jeune homme va voyager et sillonner l'Amérique du Sud. Il séjourne en Équateur, où il fonde une troupe de théâtre dans le cadre de l'Alliance française ; puis au Pérou, en Colombie et au Nicaragua, pays où il s'engage dans la lutte armée aux côtés des sandinistes (dans la brigade Simon Bolivar).En 1978, il partage pendant un an la vie des indiens shuars dans le cadre d'un programme d'étude pour l'UNESCO afin d'étudier l'impact de la colonisation sur ce peuple. A partir de 1982, Luis Sepúlveda s'installe en Europe, d'abord à Hambourg en Allemagne. L'écrivain s'établit ensuite dans les Asturies, dans le nord de l'Espagne. Il milite à la fédération internationale des droits de l'homme.


Yvon Chaix dans "Le Vieux qui lisait des romans d'amour"

Ses ouvrages

Le Vieux qui lisait des romans d'amour, Le Monde du bout du monde, Un Nom de toréro, Histoire d'une mouette et du chat qui lui apprit à voler, Le Neveu d'Amérique, Rendez-vous d'amour dans un pays en guerre, Journal d'un tueur sentimental, Hot Line ,Les Roses d'Atacama, La Folie de Pinochet, Une sale histoire, Les Pires Contes des frères Grimm.

Dossier du spectacle en ligne.

mercredi 2 juillet 2008

L’Histoire, quelques jalons…

La Compagnie Yvon Chaix est la plus ancienne des compagnies théâtrales implantées sur l’agglomération grenobloise.

Créée en 1969, elle a, durant ces quarante années d’activités, donné la part belle à la création de textes contemporains.

Ces plus récentes aventures en France ou à l’étranger lui ont fait porter les paroles d’auteurs aussi divers que Marguerite Duras, Hubert Mingarelli, Manuel Vazquez Montalban, Michel Quint, Stefan Zweig, Luis Sepulveda, Catherine Zambon, Juan Marsé, Antonio Tabucchi,...

Cultivant les grands écarts, elle a aussi visité de grands textes de la littérature française comme «Madame Bovary», «La Religieuse» ou bien encore «La Maison Tellier».

Elle a tout au long de son parcours développé un « esprit de famille d’artistes », une certaine fidélité avec certains acteurs, costumiers ou musiciens, s’ouvrant à de plus jeunes sur de nombreuses distributions.

En 2003 et en 2005, elle a parcouru les routes de l’Isère sous le Chapiteau du Conseil Général, proposant aux publics du département « la Maison Tellier » et « Ange Bleu, Ange Noir ». Autour de ces spectacles, des ateliers permettaient à la population de découvrir Yvon Chaix « côté cuisine ».

En août 2000, la compagnie s’est installée à Saint Hilaire du Touvet, dans la salle de spectacles de l’hôpital de Rocheplane, proposant une programmation au sein de l’hôpital, faite de concerts, de représentations de théâtre ou de danse. Elle a également pendant plusieurs années proposé un atelier au personnel soignant.

De 1983 à 1999, elle a dirigé le Théâtre le RIO, à Grenoble, lieu de création et de formation, tourné vers le théâtre contemporain. On pouvait y croiser de grands noms du théâtre français ou des compagnies alors naissantes (Marcel Noël Maréchal, Daniel Mesguisch, François Marthouret, Jacques Kraemer, Gilles Chavassieux, Elisabeth Macocco, Jean Louis Martinelli, Charles Tordjmann, Pascal Mengelle, Pascale Henry,etc..)

Grenobloise par naissance et par attachement la compagnie a présenté plusieurs de ses spectacles à Paris (Théâtre de l’Athénée Louis Jouvet, Théâtre 13, Théâtre du Rond Point Renaud Barrault, Théâtre de la Tempête). En 2003 elle était invitée au Festival de Montréal pour y représenter « Carvalho cuisine Montalban ».

2009
AVANT QUE LE MILLENAIRE NOUS SEPARE de Manuel Vazquez MONTALBAN
LES LIAISONS DANGEREUSES d'après Choderlos de LACLOS

2008
L’AMANTE ANGLAISE de Marguerite DURAS
LA LUMIÈRE VOLÉE d’après Hubert MINGARELLI

2007
PANTIN, PANTINE, conte musical d’Allain LEPREST et Romain DIDIER

2006
ÇA NE TOURNE PAS ROND d’après le hors série « Les Insolites » du Courrier International
BOUVARD ET PECUCHET d’après Gustave FLAUBERT

2005
LA PUISSANCE DES MOUCHES d’après Lydie SALVAYRE

2004
QUI A PEUR DE VIRGINIA WOOLF d’Edouard ALBEE
HISTOIRES D’HOMMES de Xavier DURRINGER

2003
LA MAISON TELLIER d’après Guy de MAUPASSANT
EFFROYABLES JARDINS d’après Michel QUINT

2002
MARIE STUART d’Yvon CHAIX

2001
LE VIEUX QUI LISAIT DES ROMANS D’AMOUR d’après Luis SEPULVEDA

2000
SISSI PIEDS JAUNES de Catherine ZAMBON
BOULEVARD DU GUINARDO d’après Juan MARSE
LA MÉNAGERIE DE VERRE de Tennessee WILLIAMS

1999
CARVALHO CUISINE MONTALBAN d’après Manuel VAZQUEZ MONTALBAN

1998
ELECTRE ET CLYTEMNESTRE écrit par Yvon CHAIX
CHAVES d’après Eduardo MALLEA

1997
L’OPERA DE QUAT’SOUS de Bertolt BRECHT / Kurt WEILL

1997
RENDEZ-VOUS EN HAUT DE LA TOUR DE PISE d’après Antonio TABUCCHI

1996
ELECTRE de SOPHOCLE, nouvelle traduction Pierre GARIVIER

1995
QUARTETT d’Heiner MULLER
SOUVENIRS D’UN EUROPÉEN d’après Stefan ZWEIG

1993
SPLENDID HOTEL d'après Marie Redonnet // LA MAISON TELLIER d'après Guy de MAUPASSANT
LOLA, LOLA, LOLA COMME UN REFRAIN Textes de Heinrich MANN
LA RELIGIEUSE - nouvelle création d'après Denis DIDEROT

1992
Le JOURNAL D'UNE FEMME DE CHAMBRE d'après Octave MIRBEAU

1992
LA ROSE TATOUEE de Tennessee WILLIAMS

1991
LA RELIGIEUSE d'après Denis DIDEROT

1990
LE CHASSEUR DE LIONS d'après Javier TOMEO
ADIEU d'après Danièle SALLENAVE

1989
LA CONFUSION DES SENTIMENTS d'après Stefan ZWEIG
L'HONNEUR PERDU DE KATHARINA BLUM d'après Heinrich BOLL

1988
LE MEPRIS d'après Alberto MORAVIA

1988
EDOUARD ET DIEU d'après Milan KUNDERA
LES DEUX MORTS DE QUINQUIN-LA-FLOTTE d'après Jorge AMADO

1986
MADAME BOVARY d'après le roman de Gustave FLAUBERT

1985
JE ME SOUVIENS D'AVOIR ESSAYE D'IMITER LE SOURIRE DE BURT LANCASTER APRES L'AVOIR VU LUI ET GARY COOPER DANS VERA CRUZ
d'après des extraits de "Motel chronicles" de Sam SHEPARD
CROMWELL d'après le drame de Victor HUGO

1983
L'EVEIL DU PRINTEMPS de Frank WEDEKIND
ITALIE RACONTE d'après des nouvelles de Leonardo SCIASCIA, Alberto MORAVIA Pier Paolo PASOLINI
MONSIEUR ET MADAME CHARLES BOVARY de C.H. BUFFARD d'après le roman de G. FLAUBERT

1982
OUTRAGE AU PUBLIC de Peter HANDKE
LA DEDICACE d'après Botho STRAUSS

1981
H.COMME BERLIOZ d'après Les Mémoires d'Hector BERLIOZ
DOM JUAN inspiré du livret de DA PONTE
UN CERTAIN PIER PAOLO PASOLINI d'après des textes de Pier Paolo PASOLINI
EDOUARD ET DIEU d'après Milan KUNDERA

1980
CANDIDO d’après Leonardo SCIASCIA

1979
MADEMOISELLE JULIE d'Auguste STRINDBERG

1978
LE HORLA d'après Guy DE MAUPASSANT
LES CONTES POPULAIRES DU DAUPHINÉ d’après Charles JOISTEN
MOI J'AIME PAS LA MER de Françoise XENAKIS



1977
LE QUAI DES BRUMES d’après Pierre MAC ORLAN

1976
LES ALAUBE SONNELEUR de Claude-Henri BUFFARD

1975
JACQUES LE FATALISTE de Denis DIDEROT

1974
LES AMERICANOÏAQUES d’après Serge REZVANIi

1973
TROIS SECONDES DANS LA VIE D’UN MILANAIS de Claude-Henri BUFFARD

1972
DES MORTS AU MOMUMENT
LES HOMMES-SERVICE, création collective

1969
UN JOUR MOINS L’ETERNEL de Claude-Henri BUFFARD
CREATION DE LA COMPAGNIE LE THEATRE DE LA POTENCE AUTOUR DE C.H. BUFFARD, écrivain, Yvon CHAIX, comédien-metteur en scène, Elena PASTORE, comédienne et Frédéric BIAUDET, régisseur.

lundi 30 juin 2008

Bouvard et Pecuchet

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(d')après Gustave Flaubert variation théâtrale incorrecte sur une espèce d'encyclopédie critique en farce

écrit et mis en scène par Yvon Chaix
Une production de la Cie Yvon Chaix
avec l'aide des ateliers décors et costumes du Théâtre de Grenoble


Distribution :
Un conférencier Yvon Chaix
Une conférencière Elena Pastore
Une servante de scène polymorphe Lellia Chimento

Le corps du texte est l’héritage de Gustave Flaubert.
Quelques phrases ont été empruntées à Julian Barnes, Philippe Meyer et Daniel Wilhem.

Tout ce qui est écrit ici, qu’il s’agisse du texte à dire, des didascalies ou des commentaires ouvrant la voie au sourire ou à la réflexion, tout … n’a rien de définitif.
C’est là un cadre dans lequel les acteurs évolueront en corrigeant, modifiant, réinventant.
Disons qu’il y a là… la matière (peut-être trop de matière) et l’esprit.

Les idées mises en mots par Flaubert n’appartiennent à personne.
Bouvard et Pécuchet ne sont que des véhicules. Des porteurs.
Nos deux conférenciers peuvent se laisser aller à parler eux-mêmes les mêmes idées reçues sans mettre de guillemets.
Il y a en chacun de nous cette dualité d’idées puisées à l’Encyclopédie ou héritage d’un bazar bien commun.
Nous oscillons souvent entre la pertinence d’une critique salvatrice qui conduit au doute et la grégarité d’une paresse confortable.
Méfions-nous de rendre Bouvard et Pécuchet trop humain, trop autonomes de la littérature.
Ils ne sont que des ombres projetées, des images contraires d’un seul et même homme : Gustave Flaubert.

Les deux protagonistes parlent « il » ou « je ». Un « je » variable.
Pris au jeu du discours qu’ils tiennent, piégés par ce qui pourrait être une vérité ou investis dans une critique qui se dépasse elle-même, ils prennent le soin de rappeler « …ce n’est pas moi qui le dit mais ce sont Bouvard et Pécuchet qui… ».
Comme un dédouanement nécessaire mais qui n’efface pas le doute. Yvon Chaix décembre 2005

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(…) Plusieurs d'entre nous possèdent une trompe aromale, c'est-à-dire derrière le crâne un long tuyau qui monte depuis les cheveux jusqu'aux planètes et nous permet de converser avec les esprits de saturne. (…)

(…) Que lui reproche-t-on au peuple ? C'est d'être pauvre ! Ah pour qui connaît ses vertus, combien est douce la mission de celui qui peut devenir le mandataire du peuple. Ce sera toujours avec un noble orgueil que je sentirai dans ma main, la main calleuse de l'ouvrier…parce que son étreinte, pour être un peu rude n'en est que plus sympathique. Et je me tape sur le cœur. Bravo, bravo, bravo… (…)

(…) Afin de produire artificiellement des digestions, ils tassèrent de la viande dans une fiole, où était le suc gastrique d'un canard – et ils la portèrent sous leurs aisselles durant quinze jours, sans autre résultat que d'infecter leurs personnes. (…)

(…) Gustave Flaubert s'est pendu dans son bain. Je suppose que c'est plus plausible que de dire qu'il s'est électrocuté avec des somnifères. Fin de l'histoire. (…)


« Bouvard et Pécuchet » Conférence débridée
"En s’attaquant à « Bouvard et Pécuchet », Yvon Chaix fait le choix d’une adaptation très libre, mais qui colle parfaitement à l’esprit de Flaubert. Au vu du titre, on s’attendrait à voir débarquer sur scène ces rois incontestés de la médiocrité bêtifiante. Eh bien…
Pas du tout! Nous sommes en fait entraînés dans une conférence loufoque sur les deux célèbres benêts, un exposé franchement drôle, mené dans un décor résolument moderne, très design, avec écran géant pour appuyer ces théories absurdes et d’autant plus savoureuses. De la botanique à la chimie, de la littérature à la religion, tout y passe, et ce n’est pas triste ! Expériences ratées ou maximes dégoulinantes de bêtise, le récit des prouesses de Bouvard et Pécuchet oscille entre humour anglais et blague de potache, et l’on rit franchement, d’autant que ce texte n’a pas pris une ride.
Dans le rôle des deux intervenants, Yvon Chaix et sa complice Elena Pastore s’en donnent visiblement à cœur joie et, chacun dans leur registre – professeur flegmatique face à professeur exalté- n’hésitent pas à jouer à fond le côté ridicule et débridé, pour notre plus grand plaisir ! Car voici un spectacle pas sérieux du tout, dynamique et très rythmé, qui fourmille d’une quantité incroyable de petites trouvailles de mise en scène toutes plus drôles les unes que les autres !
Bref contrairement à Bouvard et Pécuchet, Yvon Chaix n’applique pas une formule, mais signe une création inventive et réjouissante, une vraie farce, idéale pour oublier complètement la morosité ambiante".
Annabel BROT/Le Dauphiné Libéré le 9 mars 2006

Qui a peur de Virginia Woolf

virginia wolf

Qui a peur de Virginia Woolf

Les années 60, la côte Est des États Unis.
Un samedi soir sur un campus universitaire.
George et Martha, couple vieillissant à l'ombre obsédante d'un enfant qui n'est jamais venu, invitent Nick et Honey, nouveaux arrivants, à venir partager une soirée pas tout à fait comme les autres...