vendredi 6 août 2010

AVANT QUE LE MILLÉNAIRE NOUS SÉPARE

Tournée 2010

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mardi 3 août 2010

CA NE TOURNE (TOUJOURS) PAS ROND

Tournée 2011

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samedi 17 juillet 2010

Avant que le millénaire nous sépare

de Manuel Vázquez Montalbán, une traduction de George Tyras
un spectacle mis en scène et joué par Yvon Chaix



« Je suis un communiste hédoniste et sentimental » Manuel Vázquez Montalbán

Il y a plusieurs années en arrière, entouré d’une brigade d’acteurs - serveurs, en duo avec Charo, la compagne du fameux détective Carvalho, Biscuter son second, sans grande envergure, s’interrogeait sur l’une des dernières enquêtes du personnage mythique inventé par Manuel Vázquez Montalbán. « Carvalho cuisine Montalbán » (c’était le titre du spectacle) avait alors été joué de très nombreuses fois à Grenoble, puis au théâtre de La Tempête à Paris, avant de partir au Festival de Montréal.

Seul en scène cette fois, préparant un gigot d’agneau à la bière, qu’il fera partager au public, Yvon Chaix revient vers cet auteur dont il a porté à de nombreuses reprises la parole au cours de spectacles ou de lectures .

A travers son œuvre « plus ou moins policière » ou ses romans politiques ou historiques, Manuel Vázquez Montalbán, dont Yvon Chaix avait en projet de mettre en scène « Ou César ou rien », roman historique sur la famille Borgia, reste l’un des intellectuels qui ont marqué leur époque.




Dans « Avant que le millénaire nous sépare », après une cohabitation de vingt-cinq ans, l'auteur s'apprête à mettre à mort son personnage. Carvalho sait que Montalbán ne lui donne plus que deux livres à vivre: « Ces derniers temps, il ne me laisse ni forniquer ni boire à mon aise Depuis plusieurs romans, il prépare ma disparition.» En exhibant Carvalho sur une scène, Montalbán s'exhibe lui-même comme jamais auparavant. Carvalho, devenu une marionnette dont son père littéraire tire les fils, cesse d'être un bouclier entre le lecteur et l'écrivain, entre l'auteur et la réalité, pour se muer en miroir. Ce prélude à la mise à mort de Carvalho se mue en une mise en abyme de la propre existence et de l'identité d'écrivain de Montalbán.

« ''Entre un improbable réfrigérateur qui ne connaîtrait pas la pesanteur, dont les rayonnages seraient garnis de livres et une table exposant quelques romans et autres ouvrages dont les pages semblent regorger d’herbes aromatiques, d’épices et de condiments…Peut-être est-ce le contraire… A la frontière de l’irréel, personnage sorti de sa cuisine littéraire, Pepe Carvalho sera là, au centre d’un carré de tables derrière lesquelles seront assis les spectateurs. Invités à un repas, lecteurs studieux d’une bibliothèque d’études, peut-être les deux. Quelques feuilles arrachées dans une main, une cuillère à sauce dans l’autre, l’acteur jonglera avec cette histoire comme Manuel Vázquez Montalbán avec sa créature. Avec amour, avec délice et avec humour, gage d’humanité'' ». Yvon Chaix

LE CALENDRIER :
Voir agenda


A propos du précédent spectacle inspiré de Montalbán : « Carvalho cuisine Montalbán »

"Le spectacle d'Yvon Chaix est un régal que le dîner de fin, délicieux et dégusté sur place, contribue à rendre sans égal". M. Ridard / Info Annonces

"En nous recevant dans un restaurant aux couleurs locales, Chaix tend une main conviviale à un public lentement cuisiné dans le rire et la nostalgie pour l'initier plus tard aux rites culinaires espagnols. Il endosse l'imper beige de Biscuter, malfrat à la petite combine, et nous régale de ces histoires à la sauvette entre Lerida et Madrid, prétexte à balader sa «Seat modèle unique» dans les entrailles de l'Espagne (hilarante apologie d'une scatologie sociale)". R. Gonzales / Le Petit Bulletin

"Un croisement, une interprétation habile de trois aspects culturels: la culture culinaire, la culture comportementale et la culture socio-politique tournées en dérision". Chrysale / Les Affiches de Grenoble et du Dauphiné

Dossier du spectacle en ligne.

Faut reconnaître, c'est du Audiard !

(titre provisoire)
d’après Michel Audiard
un projet d’écriture et de mise en scène d’Yvon Chaix




«Ainsi pendant plus de vingt ans, a-t-on assassiné Audiard qui fut pourtant en maintes occasions un dialoguiste rudement inventif, doué d’un vrai lyrisme populaire, d’une cocasserie vertigineuse et d’une poétique vraie… » Bertrand TAVERNIER

« Vous savez, j’aurais aimé tourner «Citizen Kane» et écrire «Voyage au bout de la nuit». Je ne suis pas compliqué » Michel AUDIARD

L’écriture et ses sources

1960
Un quartier populaire.
Un immeuble voisin de la gare.
Au bas de l’allée, un bistrot lieu de rencontres et de règlements de compte. Un lieu interlope.
On y tapait le carton à longueur de journées avant de poursuivre d’autres affaires dans un coin sombre de la ruelle adjacente.
Le dimanche après-midi, c’était «cinéma» en famille.
Une grande salle aux balcons imposants et des ouvreuses au panier garni de bonbons, caramels, esquimaux, chocolats…
Là, la réalité était en noir et blanc et les personnages habillés de dialogues plus riches que ceux que je surprenais au bas de notre escalier…
Georges Lautner, Henri Verneuil, Denys de la Patellière et bien d’autres me faisaient découvrir les étoiles d’un cinéma dit populaire.
J’ai grandi ainsi entre la partie de belote, le bal derrière le clos de boules, le cinéma comme voyage hebdomadaire.
Cinquante plus tard, quand je regarde ceux que j’ai côtoyés, apprivoisés comme adaptateur ou comme metteur en scène, je me dis que ces années 60 ne sont pas étrangères à ma volonté d’interroger toujours et encore textes et personnages inscrits dans cette mémoire où j’ai besoin de reconnaître, de me reconnaître.

Le projet autour des dialogues de Michel Audiard, en cours d’écriture, se veut avant tout une évocation de ces films dont chacun conserve tel ou tel extrait dans son souvenir.
J’aborde ces dialogues comme la redécouverte d’un patrimoine.
Dans la filmographie immensément riche de Michel Audiard, j’irai bien sûr vers les « dialogues cultes », mais aussi vers quelques perles rares moins souvent exposées.
Un travail sur un vocabulaire et une syntaxe, l’exploration d’une écriture restituée sans souci de reconstitution ni de modernisation.
Une réorganisation de certains dialogues effectuée simplement avec l’humilité et le respect que l’on porte à un grand classique.
Comme un album souvenir qu’on feuillette, comme une chanson qu’on fredonne, que chacun va reprendre à sa manière parce qu’elle représente un petit quelque chose dans un moment de sa vie.

Yvon Chaix (printemps 2010)

«J’ai horreur du cinéma muet, pour les raisons que vous devinez» Michel Audiard

Michel Audiard naît le 15 mai 1920, dans le XIVe arrondissement de Paris, quartier populaire à l’époque, où il est élevé par son parrain. Il y poursuit sans grand intérêt des études qui le mènent jusqu'à un certificat d’études et un CAP de soudeur.
Passionné très jeune de littérature et de cinéma, il se forge une solide culture en lisant notamment Rimbaud, Proust et Céline et découvre les dialogues de Jeanson et de Prévert. Passionné également de bicyclette, il traîne du côté du Vélodrome d'hiver où il rencontre André Pousse qu'il introduira plus tard dans le métier d’acteur.
La Seconde Guerre mondiale, à laquelle il ne participe pas, est pour lui une période de privations et la libération, le spectacle de tristes règlements de comptes. Au lendemain de la guerre, il vivote comme livreur de journaux ce qui lui permet d’approcher le milieu du journalisme. Il entre ainsi à « L'étoile du soir » où il commence une série d'articles sur l’Asie rédigée sur les comptoirs des bistrots parisiens. La découverte de l'imposture lui valant d'être rapidement remercié, il devient alors critique pour Cinévie.
En 1949, le réalisateur André Hunebelle le fait entrer dans le monde du cinéma en lui commandant le scénario d’un film policier « Mission à Tanger », bientôt suivi de deux autres films, trois romans policiers, et des premiers succès d’adaptation de romans au cinéma (Le Passe-muraille, Les Trois Mousquetaires).
Sa notoriété s’étend et, en 1955, c’est la rencontre avec Jean Gabin à qui il propose le scénario de « Gas-oil ». Ainsi commence une collaboration de sept ans et dix-sept films, dont plusieurs grands succès (Les Grandes Familles, Les Vieux de la vieille, Le Baron de l'écluse, Un singe en hiver), et qui ne s’est que peu interrompue (Babette s'en va-t-en guerre, Un taxi pour Tobrouk).
En 1963, il écrit pour Jean-Paul Belmondo (100 000 dollars au soleil d'Henri Verneuil) et toute une équipe d’acteurs talentueux : Lino Ventura, Francis Blanche, Bernard Blier, Jean Lefebvre, etc...(Les Tontons flingueurs et Les Barbouzes de Georges Lautner).
En 1966, il entame une carrière de réalisateur (Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas, mais... elle cause !, Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages). Mais après huit films et un documentaire, dont les succès restent médiocres, il revient à sa véritable vocation.
Le 19 janvier 1975, alors qu’il travaille avec le réalisateur Philippe de Broca au scénario de L'Incorrigible, il est durement touché par la nouvelle de la mort de son fils François, tué dans un accident de voiture. Il en conservera une profonde tristesse qui donnera désormais à son œuvre une tonalité plus sombre (Garde à vue et Mortelle randonnée de Claude Miller), même s’il continue par ailleurs à participer à de gros succès populaires (Le Grand Escogriffe, Tendre Poulet, Le Guignolo, Le Professionnel, Canicule). En 1978, il publie un roman en partie autobiographique « La nuit, le jour et toutes les autres nuits », pour lequel il recevra le prix des Quatre jurys. Il obtient enfin la reconnaissance de ses pairs en remportant le César du meilleur scénario en 1982 pour « Garde à vue ».
Il meurt le 28 juillet 1985 dans sa maison de Dourdan, en Essonne.

« Audiard est devenu une marque qui recouvre toutes les autres, comme une Mobylette désigne tous les vélomoteurs, comme un Frigidaire tous les réfrigérateurs, comme la fermeture Eclair ou le Klaxon . « C’est du Audiard ! », « On dirait du Audiard ! » Alain Paucard

Le calendrier :
Création et la tournée du spectacle prévues à l’automne 2011.

Histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler

d’après Luis Sepulveda
une adaptation et une mise en scène d’Yvon Chaix
accompagnées d’un projet d’action théâtrale




LA FABLE

Prise dans une marée noire, une mouette effectue son dernier vol et vient s’abattre sur un balcon de Hambourg.
Avant de mourir, elle arrache à Zorbas, le chat qui occupe les lieux, la promesse « de ne pas manger l’œuf qu’elle va pondre avec ses dernières forces, de s’en occuper jusqu’à la naissance du poussin, et de lui apprendre à voler ».
Colonello et Secrétario… tous les chats du port de Hambourg vont se mobiliser pour l'aider à tenir ces promesses insolites. Ils rencontreront Jesaitout, le chat amateur d'encyclopédie, Vent-debout, grand voyageur, des rats, et même Matias le chimpanzé.
Le récit de Luis Sepulveda est très attachant, empreint d'humour, de sagesse aussi. Un très beau conte, à mettre entre toutes les mains, et à lire aux chats mal élevés !
A travers les aventures rocambolesques et drôles de Zorbas et Afortunada, on découvre la solidarité, la tendresse, la nature et la poésie.

L'AUTEUR


Luis Sepúlveda, écrivain chilien est né le 4 octobre 1949 à Ovalle.
Son premier roman, Le Vieux qui lisait des romans d'amour, traduit en trente-cinq langues et adapté au grand écran en 2001, lui a apporté une renommée internationale. Son œuvre, fortement marquée par l'engagement politique et écologique ainsi que par la répression des dictatures des années 70, mêle le goût du voyage et son intérêt pour les peuples premiers.

Il milite très jeune dans les Jeunesses communistes. Étudiant, il est emprisonné par le régime du général Augusto Pinochet et séjourne deux ans et demi à Temuco, prison pour opposants politiques : « A la fin d’un procès sommaire du tribunal militaire, en temps de guerre, à Temuco en février 1975, au terme duquel je fus accusé de trahison de la patrie, conspiration subversive, et appartenance aux groupes armés, entre autres délits, mon avocat commis d’office (un lieutenant de l’armée chilienne) est sorti de la salle - nous sommes restés dans une salle à côté - et, euphorique, m’a annoncé que ça s’était bien passé pour moi : j’avais échappé à la peine capitale et j’étais condamné seulement à vingt-huit ans de prison.»

En 1977, grâce à l'intervention d'Amnesty International, Luis Sepúlveda est libéré. Sa peine de vingt-huit ans de détention est commuée en huit années d'exil en Suède. En fait, le jeune homme va voyager et sillonner l'Amérique du Sud. Il séjourne en Équateur, où il fonde une troupe de théâtre dans le cadre de l'Alliance française ; puis au Pérou, en Colombie et au Nicaragua, pays où il s'engage dans la lutte armée aux côtés des sandinistes (dans la brigade Simon Bolivar).En 1978, il partage pendant un an la vie des indiens shuars dans le cadre d'un programme d'étude pour l'UNESCO afin d'étudier l'impact de la colonisation sur ce peuple.
A partir de 1982, Luis Sepúlveda s'installe en Europe, d'abord à Hambourg en Allemagne. L'écrivain s'établit ensuite dans les Asturies, dans le nord de l'Espagne. Il milite à la fédération internationale des droits de l'homme.

Ses ouvrages :

«L’ombre de ce que nous avons été», «Le Vieux qui lisait des romans d'amour», «Le Monde du bout du monde», «Un Nom de toréro», «Histoire d'une mouette et du chat qui lui apprit à voler», «Le Neveu d'Amérique», «Rendez-vous d'amour dans un pays en guerre», «Journal d'un tueur sentimental», «Hot Line», «Les Roses d'Atacama», «La Folie de Pinochet», «Une sale histoire», «Les Pires Contes des Frères Grim» (co-écrit avec Mario Delgado Aparain), «La lampe d'Aladino et autres histoires pour vaincre l'oubli».

Yvon Chaix et Luis Sepulveda :

En 2002, Yvon Chaix jouait «Le vieux qui lisait des romans d’amour»(créé dans le cadre de «l’hommage à l’acteur», à l‘Amphithéâtre de Pont de Claix, le spectacle a tourné dans de nombreux établissements de la région).

En 2010, il créait une adaptation de certaines nouvelles empruntées au recueil «Rendez-vous d’amour dans un pays en guerre».

Les propositions de démarche d'action théâtrale sont à demander auprès de la compagnie.

jeudi 15 juillet 2010

Ça ne tourne (toujours) pas rond




Un spectacle écrit et mis en scène par Yvon Chaix
d’après des nouvelles insolites collectées par Claire Maupas, journaliste au Courrier International

Interprété par Elena Pastore

Ça ne tourne pas rond dans le monde…
Ça ne tourne pas rond dans cet endroit qui ressemble à un studio d’enregistrement…
Ça ne tourne pas rond dans la tête de cette femme, dont on se demande si ce qu’elle nous dit est la vérité ou pure affabulation...

L’homme est une drôle de bête…
Drôle de bête qui perd sa drôlerie lorsque, se prenant pour une espèce évidemment intelligente, il impose SA VERITE.
Triste spectacle de sa suffisance qui prête au rire quand l’horreur de la mort ne conclut pas ses expériences jusqu’au-boutistes destinées à prouver son savoir, son pouvoir.
Gustave Flaubert aurait aimé ce « Dictionnaire de la vie ordinaire », concocté par Claire Maupas du « Courrier International ».
Nous l’aimons et avons décidé de le faire entendre.
Dans un ordre alphabétique, tout le désordre d’un monde que le cerveau humain a la prétention de maîtriser.
Bouvard et Pécuchet ne sont pas morts. Leurs clones ont envahi notre planète.
Il y a urgence…

Yvon Chaix juin 2006



Ainsi va le monde…

Vous êtes énervé ? frappez quelqu’un. Pour 1000 yens (7 euros), vous pouvez vous défouler pendant trois minutes sur Jun Sato qui travaille comme punching-ball humain dans le quartier commerçant de Ginza, à Tokyo. « J’aime bien qu’on me cogne dessus. Les affaires marchent bien, et c’est une autre façon de voir la vie » a-t-il déclaré au Mainichi Daily News (novembre 1999).

Les porcs britanniques se nourrissent depuis des années d’énormes quantités d’alcool de contrebande saisi par les douanes. Plus de 17 millions de litres de bière, de vin et de spiritueux d’Europe continentale ont servi à fabriquer de la pâtée pour porcs ou de l’engrais entre 2001 et 2005. des champs de maïs ont été aspergés de cidre et des centaines de tonnes de tabac de contrebande ont été incinérés pour fournir de l’électricité au réseau national, nous apprend The Daily Telegraph (avril 2006).


Drôle, loufoque, inattendue, la dernière création d'Yvon Chaix est un vrai rayon de soleil dans la grisaille de cette fin d'automne. Réunissant des extraits d'un "Spécial Insolites" publié par Courrier International, "Ça ne tourne pas rond" est interprété en solo par Elena Pastore franchement désopilante, qui se glisse dans la peau d'une présentatrice télé pour nous donner des nouvelles du monde tout à fait surprenantes.

UN MONDE (PRESQUE) PARFAIT
Un plateau télé : bureau design, écrans couvrant les murs, pendules à l'heure de toutes les capitales. Une présentatrice prépare son émission. Une émission rassemblant des nouvelles toutes plus surprenantes et loufoques les unes que les autres puisque, pour ce nouveau spectacle, Yvon Chaix s'est inspiré d'un cahier "Spécial Insolites" publié par "Courrier International". De l'utilisation par les Indiens du Coca-Cola comme pesticide à l'interdiction par eBay de vendre son âme sur Internet, en passant par un calcul très sérieux de la température qu'il fait au paradis, "Ça ne tourne pas rond" est une pièce habilement construite, légère et très rythmée, dont la mise en scène joue beaucoup sur le clin d'oeil, le décalage, le petit détail qui fait mouche.
Et si l'on rit franchement du début à la fin, c'est surtout grâce à Elena Pastore qui interprète seule ce spectacle. Décidément très à l'aise dans le registre comique et déjanté, la comédienne ose tous les excès, jouant à fond la carte de l'humour. Et ça fonctionne admirablement !

Annabel Brot - Le Dauphiné Libéré / mercredi 29 novembre 2006
A propos de la première version du spectacle

lundi 5 juillet 2010

Mai 2010

"J'ai conçu l'une de mes récentes créations, "Rendez-vous d'amour dans un pays en guerre", comme un long poème, invitation au voyage, porte ouverte sur le rêve.

Nombreux sont les spectateurs qui connaissaient ou pas Luis Sepulveda, dont plusieurs nouvelles ont nourri ce texte que j'ai joué, qui ont pu me dire "c'est ce genre de spectacle qu'il faut faire aujourd'hui". Affirmer la puissance de l'imaginaire, faire découvrir des textes loin des formats imposés. Je le crois aussi, revendiquant mon statut d'artiste poète au service d'un théâtre de création.

Aujourd'hui, après quarante ans d'exploitations multiples, d'expériences insolites, après avoir vécu le théâtre comme un véritable engagement qui se veut au service des publics, comment accepter de se soumettre au réalisme économique".

Le commerce que chaque jour nous établissons avec nos spectateurs, avec les nombreux élèves que nous rencontrons n'a pas pour but la recherche du profit mais bien plutôt la découverte de l'autre, l'échange autour d'une œuvre, le partage d'un voyage original".

Yvon Chaix, mai 2010

jeudi 1 juillet 2010

Actualité pédagogique rentrée 2010

A Grenoble :
- L'atelier théâtre avec le personnel hospitalier du Centre Médical Rocheplane de Saint Martin d’Hères aura lieu le mardi soir au studio de Verdun.

A Saint Quentin Fallavier :
- L'atelier théâtre avec des amateurs est reconduit le mercredi soir au Centre Culturel George Sand.


samedi 5 juin 2010

Contact

La Compagnie Yvon Chaix, est une association présidée par Joseph ARGENTO. Elle est subventionnée par le Conseil Général de l'Isère, le Conseil Régional Rhône-Alpes et la Ville de Grenoble.
SIRET : 779 543 545 00031/ APE 9OO 1 Z / Licence 2-134807, 3-134808.

Adresse postale : 1 rue de la Liberté 38000 Grenoble
Bureaux, studio de répétitions : Ancien Musée de Peinture, place de Verdun 38000 Grenoble
Mél : comychaix@free.fr
Site internet : www.compagnie-yvon-chaix.com
Tél. : 04 76 44 70 11 - Fax : 04 76 44 77 04

Equipe artistique : Yvon Chaix, Elena Pastore
Equipe administrative : Elena Pastore, Sandrine Rey (comptable), Anne Musslin (communication)
Equipe technique : (intermittents du spectacle) : Lellia Chimento, Marie-Pascale Bertrand, Frederic Soria, etc... selon les spectacles.

Joseph Argento et Marie Perrin sont respectivement président et trésorière de l'association "Compagnie Yvon Chaix".

jeudi 6 mai 2010

La lumière volée


un roman d’Hubert Mingarelli (éditions Gallimard)
adapté et mis en scène par Yvon Chaix, assisté d’Elena Pastore
avec Manon Palacios (Elie) et Anthony Lhuilier (Gad)
Accessoires, régie de plateau et apparitions : Lellia Chimento
Régie sons et lumières : Marie-Pascale Bertrand


1942. Ghetto de Varsovie. Elie, onze ans s'est réfugié dans le cimetière du ghetto de Varsovie. Il vit au jour le jour, installé contre la tombe de Joseph Cytrin à qui il confie ses inquiétudes, ses découvertes. Les Allemands opèrent les premières rafles de Juifs et traquent les jeunes trafiquants sans lesquels le ghetto serait affamé. Une nuit, Elie est rejoint par l'un deux, Gad, un peu plus âgé que lui, et qui lui inspire tout à la fois admiration et crainte. Entre les deux enfants, une amitié se noue peu à peu, et le quotidien s'organise : il faut se nourrir, échapper aux Allemands, et aussi s'inventer des histoires pour vaincre la peur…

Texte des rêves éveillés d'adolescents, texte de l'espoir vain, La Lumière volée, puisant dans la réalité historique, est une œuvre sans détour, à la fois tragique et poétique, qui tend sans cesse vers le sublime, à travers une écriture intime, comme une voix qu'on entend du bout des lèvres, dans le noir. Hubert Mingarelli écrit comme on murmure avec une attention infinie apportée à ses personnages. Ses histoires, souvent immobiles, nous font entrer de plein-pied au cœur d’une enfance que borde, peut-être, une incommensurable absence. J’ai dirigé mes élèves comme je dirige les acteurs qui travaillent avec moi. Avec le souci de l’évidence, de la simplicité, de la sincérité. Loin du formalisme ou de codes soumis aux modes. Simple et authentique, l’écriture d’Hubert Mingarelli l’est tout au long de chacun de ses romans. J’ai donc travaillé à rendre cette histoire la plus immédiate possible, à éclairer la relation de ces deux adolescents de la lumière de la plus grande vérité des sentiments. J’ai travaillé sur cette idée d’un « huis clos en plein air ». Ce cimetière, où Elie a élu domicile et où il invite Gad à partager ses rêves et ses espoirs, condense toute une vie. J’ai travaillé avec humilité, faisant porter les mots d’Hubert Mingarelli par ces jeunes acteurs avec le souci de l’évidence. L’horreur vécue par ces deux adolescents, ce quotidien suspendu à la trajectoire d’une balle perdue ou d’un mot lancé trop fort qui pourrait leur être fatal, je les ai mis en scène avec amour. Car c’est de cela qu’il s’agit, dans cette histoire, d’amour de l’autre, d’amour des autres, d’amour de la vie. Contre la barbarie et l’oppression. La vie est belle…Yvon Chaix (juillet 07)



Varsovie 1942 : Survivre ou mourir
Deux enfants juifs se démènent pour échapper aux rafles, se nourir et garder espoir face à l’inhumanité de l’envahisseur
Dans le cadre du 7ème Festival du Film sur la Résistance, le cinéthéâtre de la Ponatière accueillait une représentation de la pièce de théâtre La lumière volée, inspirée du roman éponyme d’Hubert Mingarelli, dont la mise en scène est signée Yvon Chaix. Sur scène, Elie et Gad - Manon Palacios, Anthony Lhuilier - dévoilent au grand jour les conditions de vie déplorables des juifs du ghetto de Varsovie pendant la guerre.
Survivre à Varsovie
L’un n’a plus de famille et de maison, l’autre survit grâce au marché noir. Contraints de s’installer au milieu des tombes d’un cimetière, ils montrent à travers leur histoire que leur vie ne se résume qu’à un flirt quotidien avec la misère et la mort. La discrimination dont ils sont victimes, les pousse à résister et à maudire l’atrocité de la dictature allemande. La nourriture est une denrée rare et serait introuvable sans l’aide d’une commerçante dévouée à la cause juive.

La lumière volée nous donne une véritable leçon de savoir vivre et d’humanité, en plus de raconter une période noire de l’Histoire.
Yvon Chaix a réussi à mettre en scène une histoire d’une heure et demie, à la fois effrayante et magique. Magique par l’interprétation des personnages, et le regain d’énergie qu’ils réussissent à trouver au détour d’une rêverie. Le décor est d’une finesse remarquable, et le fait que tout se passe dans un seul lieu - le cimetière - apporte une richesse supplémentaire à l’interprétation des comédiens. Ils plongent instantanément les spectateurs au coeur de leur vie, de leur misère, mais aussi de la joie de vivre qui continue de les animer.


Dossier du spectacle en ligne.

dimanche 25 avril 2010

FAUT RECONNAITRE, C'EST DU AUDIARD

Tournée 2011-2012

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samedi 3 avril 2010

Historique prédagogique

Formé par Gabriel Cousin, au creuset de l'éducation populaire, à la fin des années 60, Yvon Chaix a toujours gardé en lui ce désir de partage de son art.

Professeur d'art dramatique au Conservatoire de Bourgoin-Jallieu depuis 2006, il a le plus souvent lié les créations de sa compagnie à la pédagogie.

Durant seize ans, la compagnie a été le partenaire du Lycée Champollion de Grenoble, dans le cadre de la formation L3 théâtre (SECTION THEATRE BACCALAUREAT)

Au Théâtre de Rocheplane, où elle a vécu sept années de répétitions et de créations, elle a animé un atelier pour le personnel soignant de l'hôpital et pour la population du Plateau des Petites Roches. Elle a eu le souci aussi de travailler avec les écoles du Plateau en invitant, par exemple, l'Album Cie ou l'Atelier des Musiciens du Louvre à faire découvrir aux enfants la danse contemporaine ou la musique de Mozart. La compagnie a animé des ateliers de pratique artistique à l'école de Saint Hilaire du Touvet et de Saint-Pancrasse lors de la saison 2000-01

Nombreux sont les établissements (écoles, collèges ou lycées) qui ont pu ainsi rencontrer la compagnie à un moment ou à un autre de son histoire. De nombreux établissements ont ainsi bénéficié des mesures d'accompagnement autour de différents spectacles (répétitions publiques, rencontres, ateliers de pratique théâtrale autour de « Sissi pieds jaunes », « Marie Stuart » « Effroyables jardins » « Qui a peur de Virginia Woolf », « La puissance des mouches » « La lumière volée »). A Grenoble La Cité Internationale, le Lycée Champollion , le Lycée des Charmilles, le Lycée Argouges, le Lycée ISER, le Lycée Mounier, l'Externat Notre-Dame, le Lycée du Clos d'or. A Chambéry , le Lycée Horticole, le Bocage, le Lycée Vaugelas. A la Côte St André, le Lycée Saint Cécile, le Lycée de l'Oiselet. A Bourgoin-Jallieu, le Lycée l'Odyssée. A Pont de Chéruy. A Meylan, le Lycée du Grésivaudan. A Seyssinet, le Lycée Aristide Bergès. A Voiron, le Lycée F. Buisson. A Saint Ismier, l'Ecole Pupilles de l'air. Au Péage de Roussillon, le Lycée Jeanne d'Arc. A la Tronche, (l'ITEC).

En marge des créations tournées sous le chapiteau du Conseil Général de l'Isère, la Cie Yvon Chaix a proposé, au public des communes visitées, un atelier de chant destiné à tous ceux qui aiment chanter ou qui aimeraient chanter et un autre atelier réservé à la pratique théâtrale autour de contes de Maupassant : « comment le théâtre peut naître au fil des mots ? »

Deux années de suite (2006-2007), la compagnie a animé un atelier de pratique artistique au Lycée professionnel de La Côte-Saint-André.

Durant la saison 2007-08, la compagnie est intervenue dans cinq communes du Nord Isère, en collaboration avec l'Inspection Académique et le Théâtre Jean Vilar, pour des élèves d'écoles maternelles et primaires.

Quand le spectacle le permet, les interventions pédagogiques associent l'auteur mis en scène. Ce fut notamment le cas avec Lydie Salvayre, auteur de « La puissance des mouches », qui a fait bénéficier de sa présence les élèves de Cité scolaire internationale de Grenoble.

Chaque projet de création porte en lui une nouvelle relation à ces publics que sont les collégiens, les lycéens. Relation privilégiée depuis de très nombreuses années et qui se développera encore sur les prochaines créations de la compagnie.

En 2009, les lycéens pourront plus particulièrement rencontrer la compagnie autour de son spectacle « Les Liaisons dangereuses » d'après Choderlos de Laclos (le film de Stephen Frears est au programme des classes terminales L).

jeudi 25 mars 2010

HISTOIRE D'UNE MOUETTE ET DU CHAT QUI LUI APPRIT A VOLER

Tournée 2011-2012

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vendredi 11 décembre 2009

Rendez-vous d'amour dans un pays en guerre

d’après Luis Sepulveda
adapté, mis en scène et joué par Yvon Chaix
accompagné par le chant par Milù Bustamante


« Qui est donc cet homme qui nous parle de tant de choses, de tant d’endroits, de tant d’hommes et de femmes ? »

Un homme sans âge, qui aurait traversé plusieurs déserts… Quelque part du côté de l’arrière-salle d’un bar… On ne peut savoir si le jour est là ou si la nuit l’a remplacé, depuis bien longtemps… A moins que tout soit noyé dans le brouillard…


Gardien d’une mémoire enfouie, chercheur de souvenirs à la frontière du réel, il nous parle de rendez-vous manqués avec soi et les autres… A ses pieds, un chien. Sans doute, cet animal l’a-t-il accompagné de longues années. Dans un halo incertain, une femme chante, comme la mémoire d’une culture disparue, émanation de Violetta Parra. Les deux voix se répondent, sans lien apparent …

A partir de plusieurs nouvelles dont les trames se mêleront, à la crête de l’impossible réalité, les histoires s’emboîtent comme dans un puzzle dont il pourrait manquer quelques pièces. Mais ce vieil homme saura finalement nous donner la clé pour pénétrer dans son monde.
Yvon Chaix (mars 2009)

En forme de rappel

En 2002, Yvon Chaix jouait « Le vieux qui lisait des romans d’amour ». (créé dans le cadre de « l’hommage à l’acteur », à l ‘Amphithéâtre de Pont de Claix, le spectacle a tourné dans de nombreux établissements de la région)

« La littérature, c’est un peu mon Amazone à moi... J’aime les histoires qui sous l’apparente simplicité de leur écriture nous emmènent sur les frontières de nos déséquilibres. J’aime la langue espagnole. Des auteurs comme Javier Tomeo, Manuel Vázquez Montalbán, Juan Marsé pour l’Espagne, Eduardo Mallea pour l’Amérique du Sud m’ont accompagné ces dernières saisons (...) J’aime redevenir acteur pour affronter en solitaire le vertige des mots (…) Les personnages de Luis Sepulveda sont porteurs d’humanité, d’une sorte de sagesse active, qui gardent en eux cette part de rêve de l’enfance. Ce sont, pour l’acteur que je suis, des personnages dont l’exploration n’est jamais achevée tant la richesse qu’ils offrent est infinie.

« Rendez-vous d’amour dans un pays en guerre » est un recueil de 27 nouvelles relatant chacune un destin singulier, souvent désenchanté.

« La vie semble faite d'une accumulation de failles imperceptibles qui transforment souvent les désirs, les amours, les amitiés, les rêves, les projets politiques, tout ce qui compte dans une vie, en détours inexorables du destin. Ces histoires racontent des situations marquées par ces brisures, ces glissements, ces rendez-vous manqués que les protagonistes n'ont pas su ou pas voulu éviter. Ces histoires font rire et réfléchir, lorsqu'elles nous tendent un miroir, et nous conduisent dans des pays lointains, dans des intrigues mystérieuses, dans des endroits peuplés de gens simples ou extraordinaires. Émouvantes ou cocasses, elles portent toutes la marque de l'incomparable puissance de Luis Sepúlveda dans sa transformation de la réalité en littérature. » (éditions Métailié).



Biographie

Luis Sepúlveda est un écrivain chilien né le 4 octobre 1949 à Ovalle. Son premier roman, Le Vieux qui lisait des romans d'amour, traduit en trente-cinq langues et adapté au grand écran en 2001, lui a apporté une renommée internationale. Son œuvre, fortement marquée par l'engagement politique et écologique ainsi que par la répression des dictatures des années 70, mêle le goût du voyage et son intérêt pour les peuples premiers.

Il milite très jeune dans les Jeunesses communistes. Étudiant, il est emprisonné par le régime du général Augusto Pinochet et séjourne deux ans et demi à Temuco, prison pour opposants politiques : « A la fin d’un procès sommaire du tribunal militaire, en temps de guerre, à Temuco en février 1975, au terme duquel je fus accusé de trahison de la patrie, conspiration subversive, et appartenance aux groupes armés, entre autres délits, mon avocat commis d’office (un lieutenant de l’armée chilienne) est sorti de la salle - nous sommes restés dans une salle à côté - et, euphorique, m’a annoncé que ça s’était bien passé pour moi : j’avais échappé à la peine capitale et j’étais condamné seulement à vingt-huit ans de prison. »

En 1977, grâce à l'intervention d'Amnesty International, Luis Sepúlveda est libéré. Sa peine de vingt-huit ans de détention est commuée en huit années d'exil en Suède. En fait, le jeune homme va voyager et sillonner l'Amérique du Sud. Il séjourne en Équateur, où il fonde une troupe de théâtre dans le cadre de l'Alliance française ; puis au Pérou, en Colombie et au Nicaragua, pays où il s'engage dans la lutte armée aux côtés des sandinistes (dans la brigade Simon Bolivar).En 1978, il partage pendant un an la vie des indiens shuars dans le cadre d'un programme d'étude pour l'UNESCO afin d'étudier l'impact de la colonisation sur ce peuple. A partir de 1982, Luis Sepúlveda s'installe en Europe, d'abord à Hambourg en Allemagne. L'écrivain s'établit ensuite dans les Asturies, dans le nord de l'Espagne. Il milite à la fédération internationale des droits de l'homme.


Yvon Chaix dans "Le Vieux qui lisait des romans d'amour"

Ses ouvrages

Le Vieux qui lisait des romans d'amour, Le Monde du bout du monde, Un Nom de toréro, Histoire d'une mouette et du chat qui lui apprit à voler, Le Neveu d'Amérique, Rendez-vous d'amour dans un pays en guerre, Journal d'un tueur sentimental, Hot Line ,Les Roses d'Atacama, La Folie de Pinochet, Une sale histoire, Les Pires Contes des frères Grimm.

Dossier du spectacle en ligne.

vendredi 28 août 2009

Les Liaisons dangereuses

Les Liaisons dangereuses

Intrigues. Trahisons.
Le célèbre roman épistolaire de Choderlos de Laclos mis en scène par Yvon Chaix assisté de Thierry Mennessier pour les salons des châteaux et autres lieux chargés d'histoire.


La Lumière volée

La Lumière volée

1942. Ghetto de Varsovie.
Elie, onze ans s'est réfugié dans le cimetière du ghetto de Varsovie. Les Allemands opèrent les premières rafles de Juifs et traquent les jeunes trafiquants sans lesquels le ghetto serait affamé. Une nuit, Elie est rejoint par l'un d'eux, Gad. Entre les deux enfants, une amitié se noue peu à peu, et le quotidien s'organise : il faut se nourrir, échapper aux Allemands, et aussi s'inventer des histoires pour vaincre la peur…


mercredi 2 juillet 2008

L’Histoire, quelques jalons…

La Compagnie Yvon Chaix est la plus ancienne des compagnies théâtrales implantées sur l’agglomération grenobloise.

Créée en 1969, elle a, durant ces quarante années d’activités, donné la part belle à la création de textes contemporains.

Ces plus récentes aventures en France ou à l’étranger lui ont fait porter les paroles d’auteurs aussi divers que Marguerite Duras, Hubert Mingarelli, Manuel Vazquez Montalban, Michel Quint, Stefan Zweig, Luis Sepulveda, Catherine Zambon, Juan Marsé, Antonio Tabucchi,...

Cultivant les grands écarts, elle a aussi visité de grands textes de la littérature française comme «Madame Bovary», «La Religieuse» ou bien encore «La Maison Tellier».

Elle a tout au long de son parcours développé un « esprit de famille d’artistes », une certaine fidélité avec certains acteurs, costumiers ou musiciens, s’ouvrant à de plus jeunes sur de nombreuses distributions.

En 2003 et en 2005, elle a parcouru les routes de l’Isère sous le Chapiteau du Conseil Général, proposant aux publics du département « la Maison Tellier » et « Ange Bleu, Ange Noir ». Autour de ces spectacles, des ateliers permettaient à la population de découvrir Yvon Chaix « côté cuisine ».

En août 2000, la compagnie s’est installée à Saint Hilaire du Touvet, dans la salle de spectacles de l’hôpital de Rocheplane, proposant une programmation au sein de l’hôpital, faite de concerts, de représentations de théâtre ou de danse. Elle a également pendant plusieurs années proposé un atelier au personnel soignant.

De 1983 à 1999, elle a dirigé le Théâtre le RIO, à Grenoble, lieu de création et de formation, tourné vers le théâtre contemporain. On pouvait y croiser de grands noms du théâtre français ou des compagnies alors naissantes (Marcel Noël Maréchal, Daniel Mesguisch, François Marthouret, Jacques Kraemer, Gilles Chavassieux, Elisabeth Macocco, Jean Louis Martinelli, Charles Tordjmann, Pascal Mengelle, Pascale Henry,etc..)

Grenobloise par naissance et par attachement la compagnie a présenté plusieurs de ses spectacles à Paris (Théâtre de l’Athénée Louis Jouvet, Théâtre 13, Théâtre du Rond Point Renaud Barrault, Théâtre de la Tempête). En 2003 elle était invitée au Festival de Montréal pour y représenter « Carvalho cuisine Montalban ».

2009
AVANT QUE LE MILLENAIRE NOUS SEPARE de Manuel Vazquez MONTALBAN
LES LIAISONS DANGEREUSES d'après Choderlos de LACLOS

2008
L’AMANTE ANGLAISE de Marguerite DURAS
LA LUMIÈRE VOLÉE d’après Hubert MINGARELLI

2007
PANTIN, PANTINE, conte musical d’Allain LEPREST et Romain DIDIER

2006
ÇA NE TOURNE PAS ROND d’après le hors série « Les Insolites » du Courrier International
BOUVARD ET PECUCHET d’après Gustave FLAUBERT

2005
LA PUISSANCE DES MOUCHES d’après Lydie SALVAYRE

2004
QUI A PEUR DE VIRGINIA WOOLF d’Edouard ALBEE
HISTOIRES D’HOMMES de Xavier DURRINGER

2003
LA MAISON TELLIER d’après Guy de MAUPASSANT
EFFROYABLES JARDINS d’après Michel QUINT

2002
MARIE STUART d’Yvon CHAIX

2001
LE VIEUX QUI LISAIT DES ROMANS D’AMOUR d’après Luis SEPULVEDA

2000
SISSI PIEDS JAUNES de Catherine ZAMBON
BOULEVARD DU GUINARDO d’après Juan MARSE
LA MÉNAGERIE DE VERRE de Tennessee WILLIAMS

1999
CARVALHO CUISINE MONTALBAN d’après Manuel VAZQUEZ MONTALBAN

1998
ELECTRE ET CLYTEMNESTRE écrit par Yvon CHAIX
CHAVES d’après Eduardo MALLEA

1997
L’OPERA DE QUAT’SOUS de Bertolt BRECHT / Kurt WEILL

1997
RENDEZ-VOUS EN HAUT DE LA TOUR DE PISE d’après Antonio TABUCCHI

1996
ELECTRE de SOPHOCLE, nouvelle traduction Pierre GARIVIER

1995
QUARTETT d’Heiner MULLER
SOUVENIRS D’UN EUROPÉEN d’après Stefan ZWEIG

1993
SPLENDID HOTEL d'après Marie Redonnet // LA MAISON TELLIER d'après Guy de MAUPASSANT
LOLA, LOLA, LOLA COMME UN REFRAIN Textes de Heinrich MANN
LA RELIGIEUSE - nouvelle création d'après Denis DIDEROT

1992
Le JOURNAL D'UNE FEMME DE CHAMBRE d'après Octave MIRBEAU

1992
LA ROSE TATOUEE de Tennessee WILLIAMS

1991
LA RELIGIEUSE d'après Denis DIDEROT

1990
LE CHASSEUR DE LIONS d'après Javier TOMEO
ADIEU d'après Danièle SALLENAVE

1989
LA CONFUSION DES SENTIMENTS d'après Stefan ZWEIG
L'HONNEUR PERDU DE KATHARINA BLUM d'après Heinrich BOLL

1988
LE MEPRIS d'après Alberto MORAVIA

1988
EDOUARD ET DIEU d'après Milan KUNDERA
LES DEUX MORTS DE QUINQUIN-LA-FLOTTE d'après Jorge AMADO

1986
MADAME BOVARY d'après le roman de Gustave FLAUBERT

1985
JE ME SOUVIENS D'AVOIR ESSAYE D'IMITER LE SOURIRE DE BURT LANCASTER APRES L'AVOIR VU LUI ET GARY COOPER DANS VERA CRUZ
d'après des extraits de "Motel chronicles" de Sam SHEPARD
CROMWELL d'après le drame de Victor HUGO

1983
L'EVEIL DU PRINTEMPS de Frank WEDEKIND
ITALIE RACONTE d'après des nouvelles de Leonardo SCIASCIA, Alberto MORAVIA Pier Paolo PASOLINI
MONSIEUR ET MADAME CHARLES BOVARY de C.H. BUFFARD d'après le roman de G. FLAUBERT

1982
OUTRAGE AU PUBLIC de Peter HANDKE
LA DEDICACE d'après Botho STRAUSS

1981
H.COMME BERLIOZ d'après Les Mémoires d'Hector BERLIOZ
DOM JUAN inspiré du livret de DA PONTE
UN CERTAIN PIER PAOLO PASOLINI d'après des textes de Pier Paolo PASOLINI
EDOUARD ET DIEU d'après Milan KUNDERA

1980
CANDIDO d’après Leonardo SCIASCIA

1979
MADEMOISELLE JULIE d'Auguste STRINDBERG

1978
LE HORLA d'après Guy DE MAUPASSANT
LES CONTES POPULAIRES DU DAUPHINÉ d’après Charles JOISTEN
MOI J'AIME PAS LA MER de Françoise XENAKIS



1977
LE QUAI DES BRUMES d’après Pierre MAC ORLAN

1976
LES ALAUBE SONNELEUR de Claude-Henri BUFFARD

1975
JACQUES LE FATALISTE de Denis DIDEROT

1974
LES AMERICANOÏAQUES d’après Serge REZVANIi

1973
TROIS SECONDES DANS LA VIE D’UN MILANAIS de Claude-Henri BUFFARD

1972
DES MORTS AU MOMUMENT
LES HOMMES-SERVICE, création collective

1969
UN JOUR MOINS L’ETERNEL de Claude-Henri BUFFARD
CREATION DE LA COMPAGNIE LE THEATRE DE LA POTENCE AUTOUR DE C.H. BUFFARD, écrivain, Yvon CHAIX, comédien-metteur en scène, Elena PASTORE, comédienne et Frédéric BIAUDET, régisseur.

lundi 30 juin 2008

Bouvard et Pecuchet

__
(d')après Gustave Flaubert variation théâtrale incorrecte sur une espèce d'encyclopédie critique en farce

écrit et mis en scène par Yvon Chaix
Une production de la Cie Yvon Chaix
avec l'aide des ateliers décors et costumes du Théâtre de Grenoble


Distribution :
Un conférencier Yvon Chaix
Une conférencière Elena Pastore
Une servante de scène polymorphe Lellia Chimento

Le corps du texte est l’héritage de Gustave Flaubert.
Quelques phrases ont été empruntées à Julian Barnes, Philippe Meyer et Daniel Wilhem.

Tout ce qui est écrit ici, qu’il s’agisse du texte à dire, des didascalies ou des commentaires ouvrant la voie au sourire ou à la réflexion, tout … n’a rien de définitif.
C’est là un cadre dans lequel les acteurs évolueront en corrigeant, modifiant, réinventant.
Disons qu’il y a là… la matière (peut-être trop de matière) et l’esprit.

Les idées mises en mots par Flaubert n’appartiennent à personne.
Bouvard et Pécuchet ne sont que des véhicules. Des porteurs.
Nos deux conférenciers peuvent se laisser aller à parler eux-mêmes les mêmes idées reçues sans mettre de guillemets.
Il y a en chacun de nous cette dualité d’idées puisées à l’Encyclopédie ou héritage d’un bazar bien commun.
Nous oscillons souvent entre la pertinence d’une critique salvatrice qui conduit au doute et la grégarité d’une paresse confortable.
Méfions-nous de rendre Bouvard et Pécuchet trop humain, trop autonomes de la littérature.
Ils ne sont que des ombres projetées, des images contraires d’un seul et même homme : Gustave Flaubert.

Les deux protagonistes parlent « il » ou « je ». Un « je » variable.
Pris au jeu du discours qu’ils tiennent, piégés par ce qui pourrait être une vérité ou investis dans une critique qui se dépasse elle-même, ils prennent le soin de rappeler « …ce n’est pas moi qui le dit mais ce sont Bouvard et Pécuchet qui… ».
Comme un dédouanement nécessaire mais qui n’efface pas le doute. Yvon Chaix décembre 2005

__
(…) Plusieurs d'entre nous possèdent une trompe aromale, c'est-à-dire derrière le crâne un long tuyau qui monte depuis les cheveux jusqu'aux planètes et nous permet de converser avec les esprits de saturne. (…)

(…) Que lui reproche-t-on au peuple ? C'est d'être pauvre ! Ah pour qui connaît ses vertus, combien est douce la mission de celui qui peut devenir le mandataire du peuple. Ce sera toujours avec un noble orgueil que je sentirai dans ma main, la main calleuse de l'ouvrier…parce que son étreinte, pour être un peu rude n'en est que plus sympathique. Et je me tape sur le cœur. Bravo, bravo, bravo… (…)

(…) Afin de produire artificiellement des digestions, ils tassèrent de la viande dans une fiole, où était le suc gastrique d'un canard – et ils la portèrent sous leurs aisselles durant quinze jours, sans autre résultat que d'infecter leurs personnes. (…)

(…) Gustave Flaubert s'est pendu dans son bain. Je suppose que c'est plus plausible que de dire qu'il s'est électrocuté avec des somnifères. Fin de l'histoire. (…)


« Bouvard et Pécuchet » Conférence débridée
"En s’attaquant à « Bouvard et Pécuchet », Yvon Chaix fait le choix d’une adaptation très libre, mais qui colle parfaitement à l’esprit de Flaubert. Au vu du titre, on s’attendrait à voir débarquer sur scène ces rois incontestés de la médiocrité bêtifiante. Eh bien…
Pas du tout! Nous sommes en fait entraînés dans une conférence loufoque sur les deux célèbres benêts, un exposé franchement drôle, mené dans un décor résolument moderne, très design, avec écran géant pour appuyer ces théories absurdes et d’autant plus savoureuses. De la botanique à la chimie, de la littérature à la religion, tout y passe, et ce n’est pas triste ! Expériences ratées ou maximes dégoulinantes de bêtise, le récit des prouesses de Bouvard et Pécuchet oscille entre humour anglais et blague de potache, et l’on rit franchement, d’autant que ce texte n’a pas pris une ride.
Dans le rôle des deux intervenants, Yvon Chaix et sa complice Elena Pastore s’en donnent visiblement à cœur joie et, chacun dans leur registre – professeur flegmatique face à professeur exalté- n’hésitent pas à jouer à fond le côté ridicule et débridé, pour notre plus grand plaisir ! Car voici un spectacle pas sérieux du tout, dynamique et très rythmé, qui fourmille d’une quantité incroyable de petites trouvailles de mise en scène toutes plus drôles les unes que les autres !
Bref contrairement à Bouvard et Pécuchet, Yvon Chaix n’applique pas une formule, mais signe une création inventive et réjouissante, une vraie farce, idéale pour oublier complètement la morosité ambiante".
Annabel BROT/Le Dauphiné Libéré le 9 mars 2006

Qui a peur de Virginia Woolf ?

virginia wolf

Qui a peur de Virginia Woolf ?

Les années 60, la côte Est des États Unis.
Un samedi soir sur un campus universitaire.
George et Martha, couple vieillissant à l'ombre obsédante d'un enfant qui n'est jamais venu, invitent Nick et Honey, nouveaux arrivants, à venir partager une soirée pas tout à fait comme les autres...


Histoires d'hommes

Histoires d'hommes

Histoires d'hommes

Une petite forme pour deux comédiennes
Deux femmes, l'une comme celle que l'autre ne pourra jamais être, ou comme l'image matérialisée de son propre cauchemar.
Miroirs grossissants, miroirs déformants, comme autant de projections de mots d'amour, de colère, de désespoir.


La Maison Tellier

La Maison Tellier

La Maison tellier

Une histoire de plaisir
Celui qu'on prend, celui qu'on donne, celui qu'on paie, celui qu'on vole. Celui qui s'invente dans la misère de vies perdues. Celui gratuit de redevenir joueur. Joueur avec les mots, avec les formes. Avec le temps, redevenir enfant. Irrévérencieux, laisser aller le rêve. Plonger dans "l'hénaurme", cueillir l'extrême fragilité d'une émotion perdue, raconter cette histoire avec la puissance du rameur, l'excitation de "l'homme à femmes", la douce naïveté d'un peintre du dimanche...


Electre et Clytemnestre

« Alliant le sérieux du travail, la fertilité imaginaire et le renouveau du texte, Yvon Chaix a réussi à apporter sa note personnelle... pour retrouver aujourd’hui, quelque chose du tragique d’hier. A voir absolument... » Sarah Ben Chabane, Le Dauphiné Libéré (Avril 98)

« Deux femmes, la guerre, le désert et l’attente : autant d’éléments qui font resurgir le passé. Elles sont là, seules mais plurielles, comme les ruines, vestiges éparses. Un seul lien entre ce passé et elles : un texte, l’ «Electre » de Sophocle... Une émouvante interprétation des deux comédiennes Elena Pastore et Sandrine Pioz. C’est la tragédie dans ce qu’elle a d’intemporel et de poignant. Une pièce qui ne laisse pas indifférent. » L. M. , Le Dauphiné Libéré Vaucluse Matin (juillet 98)

« Il s’agit d’un théâtre à la fois dense et ouvert, une vraie langue de théâtre qui marie intimement le mythe et la réflexion sur la violence contemporaine. Un vrai Plaisir. » Jacques Barbarin, Le Patriote Côte d’Azur (juillet 98)

Parcours

2009
LES LIAISONS DANGEREUSES d'après Choderlos de LACLOS

2008
L’AMANTE ANGLAISE de Marguerite DURAS
LA LUMIÈRE VOLÉE d’après Hubert MINGARELLI

2007
PANTIN, PANTINE, conte musical d’Allain LEPREST et Romain DIDIER

2006
ÇA NE TOURNE PAS ROND d’après le hors série « Les Insolites » du Courrier International
BOUVARD ET PECUCHET d’après Gustave FLAUBERT

2005
LA PUISSANCE DES MOUCHES d’après Lydie SALVAYRE

2004
QUI A PEUR DE VIRGINIA WOOLF d’Edouard ALBEE
HISTOIRES D’HOMMES de Xavier DURRINGER

2003
LA MAISON TELLIER d’après Guy de MAUPASSANT
EFFROYABLES JARDINS d’après Michel QUINT

2002
MARIE STUART d’Yvon CHAIX

2001
LE VIEUX QUI LISAIT DES ROMANS D’AMOUR d’après Luis SEPULVEDA

2000
SISSI PIEDS JAUNES de Catherine ZAMBON
BOULEVARD DU GUINARDO d’après Juan MARSE
LA MÉNAGERIE DE VERRE de Tennessee WILLIAMS

1999
CARVALHO CUISINE MONTALBAN d’après Manuel VAZQUEZ MONTALBAN

1998
ELECTRE ET CLYTEMNESTRE écrit par Yvon CHAIX
CHAVES d’après Eduardo MALLEA

1997
L’OPERA DE QUAT’SOUS de Bertolt BRECHT / Kurt WEILL

1997
RENDEZ-VOUS EN HAUT DE LA TOUR DE PISE d’après Antonio TABUCCHI

1996
ELECTRE de SOPHOCLE, nouvelle traduction Pierre GARIVIER

1995
QUARTETT d’Heiner MULLER
SOUVENIRS D’UN EUROPÉEN d’après Stefan ZWEIG

1993
SPLENDID HOTEL d'après Marie Redonnet // LA MAISON TELLIER d'après Guy de MAUPASSANT
LOLA, LOLA, LOLA COMME UN REFRAIN Textes de Heinrich MANN
LA RELIGIEUSE - nouvelle création d'après Denis DIDEROT

1992
Le JOURNAL D'UNE FEMME DE CHAMBRE d'après Octave MIRBEAU

1992
LA ROSE TATOUEE de Tennessee WILLIAMS

1991
LA RELIGIEUSE d'après Denis DIDEROT

1990
LE CHASSEUR DE LIONS d'après Javier TOMEO
ADIEU d'après Danièle SALLENAVE

1989
LA CONFUSION DES SENTIMENTS d'après Stefan ZWEIG
L'HONNEUR PERDU DE KATHARINA BLUM d'après Heinrich BOLL

1988
LE MEPRIS d'après Alberto MORAVIA

1988
EDOUARD ET DIEU d'après Milan KUNDERA
LES DEUX MORTS DE QUINQUIN-LA-FLOTTE d'après Jorge AMADO

1986
MADAME BOVARY d'après le roman de Gustave FLAUBERT

1985
JE ME SOUVIENS D'AVOIR ESSAYE D'IMITER LE SOURIRE DE BURT LANCASTER APRES L'AVOIR VU LUI ET GARY COOPER DANS VERA CRUZ
d'après des extraits de "Motel chronicles" de Sam SHEPARD
CROMWELL d'après le drame de Victor HUGO

1983
L'EVEIL DU PRINTEMPS de Frank WEDEKIND
ITALIE RACONTE d'après des nouvelles de Leonardo SCIASCIA, Alberto MORAVIA Pier Paolo PASOLINI
MONSIEUR ET MADAME CHARLES BOVARY de C.H. BUFFARD d'après le roman de G. FLAUBERT

1982
OUTRAGE AU PUBLIC de Peter HANDKE
LA DEDICACE d'après Botho STRAUSS

1981
H.COMME BERLIOZ d'après Les Mémoires d'Hector BERLIOZ
DOM JUAN inspiré du livret de DA PONTE
UN CERTAIN PIER PAOLO PASOLINI d'après des textes de Pier Paolo PASOLINI
EDOUARD ET DIEU d'après Milan KUNDERA

1980
CANDIDO d’après Leonardo SCIASCIA

1979
MADEMOISELLE JULIE d'Auguste STRINDBERG

1978
LE HORLA d'après Guy DE MAUPASSANT
LES CONTES POPULAIRES DU DAUPHINÉ d’après Charles JOISTEN
MOI J'AIME PAS LA MER de Françoise XENAKIS



1977
LE QUAI DES BRUMES d’après Pierre MAC ORLAN

1976
LES ALAUBE SONNELEUR de Claude-Henri BUFFARD

1975
JACQUES LE FATALISTE de Denis DIDEROT

1974
LES AMERICANOÏAQUES d’après Serge REZVANIi

1973
TROIS SECONDES DANS LA VIE D’UN MILANAIS de Claude-Henri BUFFARD

1972
DES MORTS AU MOMUMENT
LES HOMMES-SERVICE, création collective

1969
UN JOUR MOINS L’ETERNEL de Claude-Henri BUFFARD
CREATION DE LA COMPAGNIE LE THEATRE DE LA POTENCE AUTOUR DE C.H. BUFFARD, écrivain, Yvon CHAIX, comédien-metteur en scène, Elena PASTORE, comédienne et Frédéric BIAUDET, régisseur.

mercredi 11 juin 2008

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mardi 10 juin 2008

Effroyables jardins

de Michel QUINT. Editions Joëlle Losfeld

Mis en scène par Yvon CHAIX
Avec Yvon Chaix et Stéphane Raveyre

"Il y a ce train qui file entre Bruxelles et Bordeaux.
Le procès Papon à destination.
Il y a cet homme, porteur de la mémoire de tous ces êtres disparus en déportation.
Il y a cette valise, conservée avec amour. Énigmatique et révélatrice.
Il y a ce père, mort sur un quai de gare.
Par accident.
Il y a ce cousin Gaston qui a su tout dire et faire comprendre pourquoi.
Le Gaston à sa Nicole...
Il y a cet adulte qui revoit l'enfant qu'il était, noué à mort devant son père en habit de clown.
Il y a cette résistance d'hier et d'aujourd'hui qui revendique la vérité au nom de l'espoir.
Il y a cette écriture dense, limpide qui touche à chaque mot, sans masque, avec humanité.
Il y a ce roman de Michel QUINT et l'acteur que je suis...
Il y avait cette estrade d'orchestre qui jouait du paso doble ou de la java-valse, cette piste de danse jamais vraiment envahie...
Il y avait ma mère, mon père et leurs amis "du dessus".
Le Raymond à sa Georgette.
Jamais en reste pour organiser une partie de rigolade, le Raymond.
Lui, il avait vécu la guerre, enfin les guerres.
La pas lointaine, et celle plus dure, paraît-il.
Il racontait ce qu'il avait vécu et quand la vie s'offrait des points de suspension, il inventait, Raymond, intarissable.
Il y avait cet immeuble que nous habitions baigné des odeurs de trains au charbon, secoué régulièrement par les manoeuvres des locomotives.
Il y avait ce grand cinéma, celui du dimanche, habité des westerns et des mélos hollywoodiens.
Et j'étais enfant au milieu de ce monde, avec au fond de moi, indiscernable, inexprimée, cette petite honte d'appartenir à ce peuple que certains regardaient d'en haut.
Demain, je jouerai Gaston d'Effroyables jardins en pensant à Raymond.
Mon père, lui, n'a jamais fait le clown.
Je crois bien que j'aurais pleuré...
Yvon Chaix juillet 2002

Avec le soutien du Musée de la Résistance et de la Déportation, de l'ANACR Isère, la ville de la Tronche, la Cinémathèque de Grenoble.

Michel Quint est né fin 49 dans le Pas de Calais. Il commence par écrire du théâtre pour Théâtre Ouvert, puis pour France Culture qui diffuse aussi ses feuilletons radiophoniques. Il s'essaie au roman policier et obtient en 89 le Grand Prix de la Littérature Policière pour "Billard à l'étage". Tout en tâtant du roman noir aux éditions Rivages et Joëlle Losfeld, il goûte aussi au scénario pour la télévision. Il est titulaire d'une licence de lettres classiques et d'une maîtrise d'études théâtrales.
Paru en septembre 2000 "Effroyables jardins" obtient en mars 2001 le prix Ciné-Roman, en mai le Prix de la Nouvelle de la Société des Gens de Lettres et en mars 2002 le prix Jean-Claude Izzo. Dix huit traductions de ce roman sont prévues. Jacques Villeret, André Dussolier, Thierry Lhermitte et Benoit Magimel incarneront les personnages de Michel Quint au cinéma sous la direction de Jean Becker. Tournage en Rhône-Alpes lors de l'été 2002.

"Il se trouve qu'écrire des pièces de théâtre a été ma première passion. Hors celle qui ne m'a jamais quitté d'une dame aux yeux couleur de cailloux du Rhin, coeur de toute mon écriture. Paradoxalement, je me suis aperçu, tard certes, avec "Effroyables jardins" que ma modeste pratique des personnages de théâtre, des dramatiques radio, m'avait aidé, comme l'amour de la dame citée plus haut, à écrire des romans en me souciant de l'épaisseur des êtres fictifs que je mettais en mots. Puisque, de plus, il me semble qu'il est légitime d'utiliser tous les registres de langue dont la couleur orale dans le roman, il est advenu que des gens de théâtre, dont Yvon Chaix et les siens, trouvaient leur compte à ce texte et souhaitaient le faire vivre sur un plateau. Qu'ils en soient remerciés. Parce que c'est la parole vivante qui compte et poigne au coeur. "
Michel Quint - Novembre 2002

Gaston
- La gare de Douai... J'ai même jamais su pourquoi... Que je te dise : la résistance, on s'y est mis, les autres je sais pas, en tous cas ton père et moi pour rigoler, pas s'emmerder, en tous cas au début... Comme si on serait allés au bal... La fine ambiance Horst Wessel Lied, fanfare militaire, ça nous donnait pas l'envie de danser.
Alors, histoire de jouer notre propre musique, le sabotage du transfo de la gare de Douai, ton père et moi, pour rigoler, pas s'emmerder, on l'a fait aérien, façon musette, doigts de fée sur le piano à bretelles et allegretto. Un soir, à la nuit juste tombée. Comme des inconscients, sans précautions... Avec juste des cuirs d'électriciens et des sacoches d'explosifs. Parce que ça nous semblait la meilleure couverture...
Parce qu’on pensait pas plus loin...
Boum !
Bon, on s'est dit, c'est fait ! Et on est rentré dormir tranquille. On s'en sortait comme une fleur...
Au matin on s'est fait coincer dans la cave de tes grands parents. Au milieu des confitures et des bocaux de cornichons.
Un vrai trésor. Les frisés s’y sont pas trompés... L'homme pris sur un lieu de plaisir clandestin ainsi, avec des richesses autant pleins les bras, c't'homme-là est forcément dangereux.
Quatre fridolins qu'ils étaient, à se bousculer dans le petit escalier et à nous tomber franco sur le poil. Le temps qu'on se retourne, ils nous poussent au mur, les culasses de fusil claquent et on se dit au revoir, André et moi. Vite fait, pas vaillant du jarret.
L'héroïsme, le coeur à l'échancrure de la chemise, la Marseillaise que tu leur chantes à la gueule jusqu'au souffle dernier, tu peux toujours rêver mon garçon, c'est du cinéma...
Dans la réalité, tu sais plus où regarder, quoi attraper que tu ne peux emporter pour toujours, quelque chose qui t'occupe les mains, les yeux, les lèvres. Le mieux c'est encore un visage de femme. On n'avait pas ça nous. On n'avait que les cornichons. Alors pendant qu'ils nous mettaient en joue, on s'est juste pris la main, André et moi, comme deux gamin à la sortie de l'école, pour pas partir tout seul, le regard bien sur les bocaux de cornichons à la polonaise. Tu vois le tableau ?
(In Effroyables jardins)


« ...Le rire du clown comme acte de résistance...
Le spectateur est pris dans les griffes d'un texte ciselé et d'une mise en scène cadencée. Les verbes prennent corps et les actions s'animent avec habileté pour transformer les images muettes en mots visuels. Dans cet univers burlesque à la Chaplin, les grimaces supplantent la peur. Celle-là cède la place à une douloureuse émotion qu'un rire libérateur vient balayer. La quête de la liberté est là, au coeur de cet électrochoc. Chacun jongle avec celle qui reste le moteur de notre impatience tant les rebondissements cocasses et inattendus inondent le récit de suspense. C'est encore cette vérité toute nue que l'enfant devenu adulte revendique au procès Papon. Parce que le rire du clown devient acte de résistance face à la barbarie inhumaine, il désarme et fédère sans tricher.
Troublante interprétation d'Effroyables jardins dans laquelle Yvon Chaix semble mu par une densité quasi aérienne et une grande justesse quand Stéphane Raveyre éclaire la plateau d'une sobriété raffinée".
J. Chevallier Le Dauphiné Libéré (17/03/2003)

«(...) Après quelques autres, Yvon Chaix a donc tenté la gageure et relevé le défi. Et le résultat vaut, à coup sûr, le déplacement. (...) A côté des rails, il y a donc le fauteuil de cinéma, qui emporte vers un autre voyage : celui du souvenir, celui des ombres projetées sur l'écran (et Chaix, dans un moment d'une force prenante, fait surgir les images du film qui viennent soudain envahir l'espace scénique), celui où l'imaginaire même du metteur en scène trouve matière à faire vivre son propre théâtre d'ombres. Sur ce fauteuil, autre ombre surgie du passé, il y a Chaix lui-même, petit blouson et casquette prolo, voix un peu traînante et gouailleuse des gens de peu, qui raconte ce que furent ces effroyables jardins. Et qui raconte aussi sans doute, ce qui lui donne une vraie densité, sa propre histoire (...).»
Jean Serroy Le Dauphiné Libéré (22/01/2003)

La puissance des mouches


un roman de Lydie Salvayre (éditions Le Seuil 1995)
adapté, mis en scène et interprété par Yvon Chaix


Le roman
Un homme répond à une suite d’interrogatoires menés en prison.
Selon que son auditeur est médecin psychiatre ou juge d’instruction, ses réponses iront chacune à leur manière chercher une part de vérité.
Guide au musée de Port Royal des Champs, cet homme a tué.
D’une enfance soumise aux accès imprévisibles d’un père violent, aux visites menées dans l’ombre de Blaise Pascal, Lydie Salvayre, explore avec la précision d’un clinicien la vie de cet homme qui avait décidé de faire de son idéal de prendre appui sur le néant.

Née d’une famille espagnole, réfugiée en France en 1939, Lydie Salvayre aime à manier le verbe incendiaire et dansant plutôt que le désespoir pour explorer les méandres du comportement humain.
On peut lire d’elle : La Déclaration, La Vie Commune, La Médaille, La Compagnie des spectres, La Conférence de Cintegabelle, Que les vers mangent le boeuf mort, Contre, Les Belles Ames.

Yvon Chaix interprétera le rôle de cet homme en interrogatoire, accompagné d’un acteur dont on ne verra que les mains et les pieds, révélateurs d’une écoute pas toujours bienveillante.

Grenoble, Bourgoin-Jallieu, Saint-Hilaire-du-Touvet.

Confessions sans concessions
D’emblée, le décor signifie toute la pièce.
Et lorsque la lumière, de circonstance, vient pâlir en les révélant ces différentes portes qui se côtoient pour conduire en se resserrant de part et d’autre à une grille, on comprend que l’homme est prisonnier.
De la société, des actes qu’il a commis – même si ce pluriel paraît bien singulier…-, mais surtout de lui-même.
La pire des réclusions, sans doute. Celle à laquelle, quelle que soit l’issue judicaire de son aventure, il est condamné à perpétuité.
Dans ce Théâtre Sainte-Marie-d’en-bas qui abrita en son temps une église, ce propos d’improbable rédemption, de tentative de délivrance par la parole illustre avec une certaine pertinence le décalage général de cette œuvre, telle qu’Yvon chaix nous la fait découvrir.
En adaptant, en mettant en scène et en jouant «La puissance des mouches» de Lydie Salvayre, dont le métier premier reste la psychiatrie, l’homme de théâtre grenoblois prend le parti d’un classicisme efficace.
Certes, le criminel est guide au musée de Port Royal des Champs. Certes, il est habité par Blaise Pascal. Certes, il devient «possédé» par le grand penseur. Mais médecin et juge, qu’on devine et qui sont autant d’invisibles partenaires, auront rarement entendu une langage aussi châtié se nicher dans une langue aussi belle, aussi souple et aussi ample. Mais le propos de «La puissance des mouches» n’est-il pas précisément ici ? Dans cette contradiction, ce paradoxe où l’élégance le dispute à la monstruosité, subie puis commise, la réflexion à la pathologie, la beauté au sordide et plus généralement, l’homme à l’homme. Dans ses confessions sans concessions, dans les méandres de cette vie qui n’aura finalement pas été vécue, ou si peu, ou si mal, l’homme nous entraîne dans ce mystère que nul n’arrive à percer.
Le sien.
Plus que l’histoire, que nous ne raconterons pas, c’est le chemin qui ici intéresse.
Ce cheminement artistique et humain tels qu’Yvon Chaix s’emploi à nous les restituer.
Avec ce verbe fécond qu’il affectionne, polit, travaille en signant au passage une belle performance d’acteur.
Ce n’est pas franchement nouveau mais c’est diablement efficace, si l’on ose l’adverbe.
C’est in fine du très bon Chaix.
Car ce qui est incompréhensible ne laisse pas d’être.
Un peu comme les artistes…
Ph. G./Le Dauphiné Libéré/10 février 2005

vendredi 6 juin 2008

Villes visitées

Montréal/Canada (Festival Montréal en Lumière)
Bruxelles (Nouveau Théâtre)
Paris (Théâtre de la Tempête, Théâtre 13, Théâtre Du Rond-Point / Renaud-Barrault, Théâtre de L'Athénée)
Lyon (Théâtre Les Ateliers, Théâtre du Tournemire)
Marseille (Théâtre du Gymnase, Théâtre de Lenche, Théâtre du Gyptis, Festival des Iles)
Chartres (Théâtre de Chartres)
Avignon (Théâtre du Chêne Noir)
Arques, Montpellier, Arras, Valence, Ermont, Saran, Amiens, Bourg-en-Bresse, Tourcoing, Stuttgart, Tunis, Sfax, et toutes les saisons de très nombreuses communes de l'Isère.

Hommes sans mère

Hubert Mingarelli (Publié aux éditions du Seuil)

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Marie Stuart


Une variation théâtrale écrite et mise en scène par Yvon Chaix

''d'après les vies vécues ou rêvées d'Elisabeth 1ère reine d'Angleterre et de Marie Stuart, reine de France et d'Ecosse avec Elena Pastore et Sandrine Pioz''

Peu de personnages historiques font l'unanimité, c'est entendu, mais la reine d'Ecosse est assurément de ceux qui posent le plus de problèmes à l'historien.

Princesse catholique élevée à la Cour de France - elle fut ensuite l'épouse de l'éphémère François II -, elle fut amenée à occuper le trône de ses ancêtres dans un climat d'hostilité quasi général. Comment allait-elle manoeuvrer entre les calvinistes de John Knox et les lords catholiques, entre l'intrigante cousine d'Angleterre, Elisabeth, et les puissances papistes du continent avec lesquelles elle gardait des liens ?

A-t-elle été prise dans un engrenage où l'ont poussée ses ennemis ou bien a-t-elle délibérément - mais alors avec la plus insigne des maladresses - mis tout, y compris sa vertu et sa réputation, au service de la raison d'état et de son fanatisme religieux ? A-t-elle oui ou non été complice de l'assassinat de son deuxième mari, a-t-elle comploté la mort d'Elisabeth ? Meurtrière et adultère ou victime d'une machination, femme ambitieuse et avide ou tête légère et impulsive, bourreau ou martyre ? Les deux thèses ont, encore aujourd'hui, leurs partisans acharnés, et la femme s'efface souvent devant le mythe...

Sa destinée ne s'interrompt pas avec sa mort tragique. Elle se poursuit par sa carrière posthume, inspirant depuis cinq siècles historiens, romanciers, dramaturges, poètes, musiciens, peintres. «En ma fin est mon commencement», dit-elle un jour. Elle ne se doutait guère combien cette phrase était prophétique...

"Toujours les grands édifices politiques ont été construits avec les pierres de l'injustice et de la cruauté. Leurs fondations ont toujours eu le sang pour ciment". (in Marie Stuart) Stefan Zweig.

"Des femmes de la grande Histoire. Des histoire de femmes. Entre le pouvoir politique soumis au diktat des religions et la soumission aux pulsions les moins maîtrisables, le portrait contraire et contrasté de deux reines femmes. Des éclats d'amour et de haine, des désirs inavouables, la mort toujours présente qu'elle s'appelle meutre ou exécution.

Il est toujours difficile de s'arroger le droit de la vérité dans l'interprétation de l'Histoire. Le regard que l'on porte sur les événements, sur les personnages n'est jamais innocent, souvent contaminé. Pour ne pas affronter la fausse question qui tourne sans jamais s'arrêter de la lecture partisane, du mépris de l'authenticité historique, j'ai placé Marie et Elisabeth sur le fil tendu entre vérité et mensonge, réalité et fantasme. N'est-ce pas là l'équilibre sur lequel elles ont vécu leur siècle ?

Dans ce qu'elles se sont efforcées de faire entendre à la postérité, dans ce que certains ont voulu taire, j'ai puisé comme le spectateur curieux d'un tableau. Lentement absorbé par la couleur, il s'échapperait dans son aujourd'hui puis reviendrait explorer encore et encore tel ou tel détail peut-être caché qui éclairerait autrement l'oeuvre toute entière.

J'ai investi ainsi quelques instants de ces vies feuilletonesques, sanglantes. J'ai tracé quelques détails d'une fresque non représentables, sans souci de chronologie, ni bien sür d'exhaustivité. Tout simplement un parcours sensible qui fait émerger des questions aux odeurs de soufre qui nous arrivent, six siècles plus tard, encore dérangeantes.

Elisabeth 1ère d'Angleterre et Marie Stuart nous emmènent dans les brumes d'un seizième siècle sans merci où le principe de réalité l'emporte souvent sur l'idéalisme, même au prix de la mort." Yvon Chaix, hiver 2002

Soeurs de sang
"De la réalité, diriez-vous que vous êtes satisfait, assez satisfait, assez peu satisfait..." En d'autre temps, d'autres lieux, la nouvelle campagne promo du Cargo "Hors les murs" aurait pu prêter à sourire. Mais le décalage ici, sur le plateau de Rocheplane, est franchement troublant. Yvon Chaix ne se prononce pas comme on dit dans les sondages. Ne se prononce plus. Mais pose d'autres questions, d'autres réflexions, sur le pouvoir, la morale et la politique. En d'autres temps, en compagnie de Marie Stuart et d'Elisabeth 1er d'Angleterre. Dans les brumes d'un XVIe siècle sans merci dont il se plaît à explorer les zones secrètes. Aux commencements de son projet, un texte de Stefan Zweig et "l'envie de remonter un duo, avec deux actrices fidèles", Elena Pastore et Sandrine Pioz. Lesquelles sont venues nourrir leur personnage tout au long du processus de création de cette "Variation dramatique". Dans le rôle de Marie, princesse catholique élevée à la Cour de france, mythifiée par l'Histoire, amazone et reine martyr(e). Et Elisabeth, l'intrigante cousine d'Angleterre. Deux soeurs de sang. Deux femmes en quête de pouvoir absolu, dont le metteur en scène s'est plu à imaginer l'improbable rencontre. Entre fantasme et réalité. Avec une authenticité toute personnelle..." "L'irrespect, ici, vient du questionnement, des crocs-en-jambe aux certitudes de l'Histoire", nous dit Yvon Chaix.
Entre complots et adultères, éclats d'amour et de haine, désirs inavouables et mort certaine, c'est à la mise à nu de ces deux femmes qu'il nous propose d'assister. La "bâtarde" et la "sale putain", la "syphilitique" et la "sorcière assassine"... Dans un cruel jeu de fléchettes (nous sommes en Angleterre, ne l'oublions pas !)
Pour l'heure, sur la scène du théâtre du Centre médical Rocheplane, Elisabeth 1re, reine d'Angleterre, traîne sa grande bassine de fer blanc, sa croix, sa déchirure, dans un décor très brut, oppressant. Matériau recyclé de "La Ménagerie de verre" présenté il y a deux saisons au Théâtre de Grenoble. "Il me manque encore une tête coupée", s'amuse Yvon Chaix. et quelle tête ! Celle d'Elena Pastore, remodelée à l'identique pour les besoins de l'Histoire. Le souci du détail. Et de la cruauté. Dans son prochain spectacle, Yvon Chaix pourrait bien s'intéresser au fabuleux destin de la famille Borgia. Une autre façon, sans doute, de tordre le cou à de vilaines réputations. Une nouvelle croisade. Eric Angelica / Sortir / 6 mars

Deux soeurs ennemies confrontées aux impératifs catégoriques de la politique
À partir de sources historiques et littéraires, Yvon CHAIX a rédigé un très beau texte, qui a parfois des accents shakespeariens. Un texte malicieux montrant que l'histoire repasse parfois les plats. Formules et situations ont d'étranges interférences avec la politique d'aujourd'hui : " La morale et la politique vont chacune leur chemin " ; " On est peu de chose lorsque l'on est relégué au second rang " ou encore " La violence est ma seule sécurité ", et " Régner, c'est jouer aux échecs ". Élisabeth 1re TUDOR, reine d'Angleterre et Marie STUART, éphémère reine de France, puis reine d'Écosse, s'affrontent. Elles sont cousines, mais les intrications familiales peuvent déboucher sur des héritages jalousés. Elles s'appellent " ma très chère soeur " conformément à l'usage concernant des monarques de lignées proches. Mais tout les oppose : Élisabeth est anglicane célibataire (" Je suis une rien vierge "), symbole du devoir désincarné... ou presque. Marie est catholique, papiste, femme, mère, amante. Elle partage cependant avec sa " soeur " la passion du pouvoir. Sandrine PIOZ (Élisabeth) et Elena PASTORE (Marie) arrivent à se confondre avec leurs personnages, leur conférant une troublante féminité, mystérieuse pour la première, épanouie et sensuelle pour la seconde. La mise en scène d'Yvon CHAIX donne du mouvement et de la vérité à des dialogues qui tiennent lieu d'action. Il réussit une esthétique de plateau, à laquelle l'élégance des deux comédiennes n'est pas étrangère. La pièce se joue dans un joli théâtre (220 places). On peut y admirer un somptueux huis clos dans lequel les fleurets du duel ne sont pas toujours mouchetés. Chrysale / Les Affiches de Grenoble / 15 mars 2002

Les Reines maudites
Le décor est brut, oppressant : des murs rugueux, d'un château fort qui sent la geôle humide et le cul de basse fosse. Entre les parois menaçantes, deux femmes se glissent, dans leurs atours. Robes superbes, dans les bruns et les noirs, qui en font comme des images, des portraits d'Histoire. L'une altière, figée, tendue ; l'autre vive, pointue, dure. Deux reines, deux fantasmes. La première est aux mains de la seconde : Marie Stuart, traînée de château en château par sa cousine Elisabeth pendant dix-huit longues années. Et décapitée pour finir, sur ordre de sa royale cousine.
Yvon Chaix, qui a lu le drame de Schiller et la biographie de Stefan Zweig, imagine leur entrevue, entre ces murs de la captivité. Marie, la reine d'Ecosse, et Elisabeth, la reine d'Angleterre, y échangent confidences et injures, questions et explications, récits historiques et projections imaginaires, et leurs mots sont acérés comme des dagues. Ils respirent le règlements de compte politique et religieux, la championne de l'église anglicane coupant la tête à la catholique championne de la papauté, l'Anglaise éliminant l'Ecossaise pour l'empêcher de nuire à son propre pouvoir. Mais ils sentent aussi le parfum plus insidieux de la jalousie entre femmes, entre cousines même, qui s'appellent soeurs avec toute la haine ironique qu'elles peuvent y mettre.
Deux oiseaux de proie : la politique, cynique, inflexible, rouée, qui va faire tomber la tête de l'autre, qui a elle-même épousé l'assassin de son second mari, et qui a trempé dans un complot visant à éliminer sa cousine. Amoins que ce ne soit celle-ci qui ait tout organisé, pour la piéger.
L'affrontement entre ces deux beaux monstres fournit la matière d'un drame gothique. La mise en scène souligne cette violence, par quelques accessoires : une bassine de fer blanc, un jeu de fléchettes sur un mannequin en forme de reine, une couronne qu'on se dispute, une tête coupée qu'on montre à bout de bras. Par moment, une musique mélancolique dit le mal de vivre, la douleur, les souvenirs et les espoirs en fuis. Il y a du cynisme dans l'air glacé, la morale et la politique suivent chacune leur voie, qui n'est pas la même.
En reines maudites, qui se livrent sans jamais se dévoiler jusqu'au bout leurs secrets profonds, Elena Pastore -sombre, hiératique, portrait en majesté d'une Marie Stuart vouée au supplice- et Sandrine Pioz -Elisabeth un rien garce, plus petite, plus vipérine aussi jusque dans la voix- font passer des sentiments sombres, des éclairs noirs et sanglants. Au finale, un miroir vient épingler celle qui reste, comme un e ombre, tandis que le cadavre de l'autre, par un effet saisissant, s'enfonce dans la nuit.
On se dit, sur ces hauteurs loin de tout, où s'élèvent des falaises abruptes, qu'Yvon Chaix a trouvé un air rare, qui donne à sa mise en scène une vraie exigence, un souffle shakespearien. On se dit aussi qu'il y a comme une hérésie à ce qu'un tel spectacle soit, par la force des choses et d'une route de montagne tout en lacets, rendu quasi inaccessible au public grenoblois. C'est bien Marie Stuart qu'on assassine !
Jean Serroy / Le Dauphiné Libéré / 15 mars 2002

Carvalho cuisine Montalbàn

Spectacle théâtro-culinaire
D'après des textes et recettes de Manuel Vázquez Montalbán
Textes français de Claude Bletow, Georges Tyras, Michèle Glazier, Alain Petre et Denise Laroutis
Editions Christian Bourgois, Le Mascaret et Parole d'aube
Mise en scène et décor Yvon Chaix

avec Yvon Chaix ( Biscuter), Elena Pastore (Charo), Georges Tyras (L'homme qui mange), et Alexandre Juanpere, Stéphane Raveyre, Hélène Né, Anne Perraud, Sandrine Pioz.

Au menu
Dans un restaurant aux saveurs chaudes et inattendues : El esperpento ...
Biscuter, ancien voleur de voitures, détective occasionnel et cuisinier d'officine, palabre avec Charo, prostituée barcelonaise au grand coeur. Tous deux attendent le célèbre détective Pepe Carvalho, parti à la recherche de l'ancien patron de la garde civile espagnole. Ils parlent affaires, politique, sexe, littérature: propos apéritifs. Suit un repas... Les spectateurs, attablés, partageront d'abord quelques mésaventures tirées de romans " presque policiers " de Montalbán avant de déguster un plat mitonné à partir des Recettes immorales ou des Recettes de Pepe Carvalho. Un spectacle dans l'esprit de Montalbán, pour qui la cuisine est " le meilleur observatoire de notre temps".

«Le spectacle d'Yvon Chaix est un régal que le dîner de fin, délicieux et dégusté sur place, contribue à rendre sans égal.» M. Ridard / Info Annonces

"En nous recevant dans un restaurant aux couleurs locales, Chaix tend une main conviviale à un public lentement cuisiné dans le rire et la nostalgie pour l'initier plus tard aux rites culinaires espagnols. Il endosse l'imper beige de Biscuter, malfrat à la petite combine, et nous régale de ces histoires à la sauvette entre Lerida et Madrid, prétexte à balader sa «Seat modèle unique» dans les entrailles de l'Espagne (hilarante apologie d'une scatologie sociale)".R. Gonzales / Le Petit Bulletin

"Un croisement, une interprétation habile de trois aspects culturels: la culture culinaire, la culture comportementale et la culture socio-politique tournées en dérision". Chrysale / Les Affiches de Grenoble et du Dauphiné''

La maison Tellier

de Guy de Maupassant
mise en scène d'Yvon CHAIX

avec Emmanuèle Amiell, Manon Buisson, Pierre-David Cavaz, Marie-Françoise Drivas, Gilles Marais, Hélène Né,
Elena Pastore, Anne Perraud, Chloé Schmutz et Franck Lincio à l'accordéon.

La Maison Tellier : une histoire de plaisir
Celui qu'on prend, celui qu'on donne, celui qu'on paie, celui qu'on vole. Celui qui s'invente dans la misère de vies perdues. Celui gratuit de redevenir joueur. Joueur avec les mots, avec les formes. Avec le temps.
Redevenir enfant. Irrévérencieux.
Laisser aller le rêve. Plonger dans "l'hénaurme".
Cueillir l'extrême fragilité d'une émotion perdue.
Raconter cette histoire avec la puissance du rameur, l'excitation de "l"homme à femmes", la douce naïveté d'un peintre du dimanche...Yvon Chaix - avril 93

Un soir de mai, les habitués de l'accueillante Maison Tellier trouvent la porte close et un avis qui ne laisse pas de les étonner : "fermé pour cause de première communion".
Madame et ses cinq pensionnaires ont en effet quitté Fécamp pour la campagne, où elles retrouvent, le temps d'une fête, une étrange innocence. La Maison Tellier est une furieuse négation du "bon goût", ou plutôt des conventions bourgeoises.
Quelques années plus tôt, l'auteur de cette nouvelle eût été sans doute poursuivi en justice.
Mais la République de 1880 est devenue tolérante. "L'ordre moral", cher à Mac-Mahon est enterré.
Le public a soif de nouveautés crues, de documents vécus, de plongées dans les milieux où une honnête femme ne s'aventurerait pas. Les lupanars sont à la mode. Les dames de la meilleure société se ruent au café-concert pour écouter des couplets grivois. Des danseuses de cancan lèvent la jambe et agitent leurs dessous froufroutants face à des messieurs congestionnés et hilares. La Maison Tellier tombe à pic.
Avec elle, Maupassant consolide sa réputation d'écrivain d'avant-garde. (...)
Les lecteurs se précipitent sur le livre qu'il faut réimprimer en hâte. Les éditions se suivent à un rythme accéléré.
En revanche, la critique, comme toujours est partagée entre l'éloge et le dénigrement.
Léon Chaperon, dans L'Evénement, traite La Maison Tellier "d'ordure" et de "répugnant bouquin".
Mais Zola dans le Figaro, clame son enthousiasme. Henri Troyat (1988) dans Maupassant

Maupassant et le théâtre
"Je crois que Maupassant, s'il eût vécu, aurait pris un jour possession du théâtre, car le dialogue chez lui est très scénique, et sa langue est une langue de théâtre, très ferme, très robuste, et qui passe par dessus la rampe."
(Francisque Sarcey 1893 journaliste au "Temps")

Amateur et auteur-acteur de pochardes dignes d'étudiants, Maupassant s'amuse avec le théâtre. Une photo prise le 20 septembre 1877 le montre, assisté de Robert Pinchon et de Louise de Miramont, interprétant une saynète devant quelques intimes.
Une farce où des pompiers d'opérette arrosent au final des spectateurs.
De ce jeu complice avec le public naîtra notre Maison Tellier.
La première adaptation au théâtre de La Maison Tellier date de 1933 au Théâtre de l'Ambigu. Au cinéma Max Ophüls met en scène Le Plaisir d'après Le Masque, La Maison Tellier et le Modèle en 1952 avec entre autres Madeleine Renaud, Danièle darrieux, Paulette Dubost, Jean Gabin, Pierre Brasseur.
A plusieurs reprises, Maupassant a déclaré que pour lui "le théâtre n'était qu'une entreprise commerciale".
C'est peut-être avec cette utopie de donner la prédominance au poète sous le marchand, que nous avons voulu encore une fois cet été visiter villes et villages de notre région, pour porter le théâtre hors les murs pour un public nouveau et parfois étranger à notre art. Yvon Chaix

Du plaisir aux caresses...
(...) laissons les moralistes nous prêcher la pudeur, et les médecins la prudence : laissons les poètes, ces trompeurs toujours trompés eux-mêmes, chanter l'union chastes des âmes et le bonheur immatériel ; laissons les femmes laides à leurs devoirs et les hommes raisonnables à leurs besognes inutiles ; laissons les doctrinaires à leurs doctrines, les prêtres à leurs commandements, et nous, aimons tout la caresse qui grise, affole, énerve, épuise, ranime, est plus douce que les parfums, plus légère que la brise, plus aiguë que les blessures, rapide et dévorante qui fait prier, qui fait commettre tous les crimes et tous les actes de courage !
Aimons-là, non pas tranquille, normale, légale ; mais violente, furieuse, immodérée ! Recherchons-la comme on recherche l'or et le diamant, car vaut plus, étant inestimable et passagère ! Poursuivons-la sans cesse, mourons pour elle et par elle.
Et si vous voulez, Madame, que je vous dise une vérité que vous ne trouverez, je crois, en aucun livre, les seules femmes heureuses sur cette terre sont celles à qui nulle caresse ne manque. Elles vivent, celles-là, sans souci, sans pensées torturantes, sans autre désir que celui du baiser prochain qui sera délicieux et apaisant comme le dernier baiser.
Les autres, celles pour qui les caresses sont mesurées, ou incomplètes, ou rares, vivent harcelées par mille inquiétudes misérables, par des désirs d'argent ou de vanité, par tous les événements qui deviennent des chagrins.
Mais les femmes caressées à satiété n'ont besoin de rien, ne désirent rien, ne regrettent rien. Elles rêvent tranquilles et souriantes, effleurées à peine par ce qui serait pour les autres d'irréparables catastrophes, car la caresse remplace tout, guérit de tout, console de tout ! (...). Guy de Maupassant, in les Caresses

Entre caresses et fous rires
(...) La Maison Tellier est une oeuvre de plaisir, sanguine, charnelle. L'adaptation d'Yvon Chaix, qui a déjà présenté ce spectacle en tournée d'été, privilégie la grivoiserie, dans une comédie musicale extrêmement divertissante qui emporte le spectateur au rythme des opérettes d'Offenbach et des chansons d'Yvette Guilbert. (...) Yvon Chaix s'est attaché aussi à dessiner les silhouettes et à cerner leurs psychologie : il y a la maladroite, le bécasse, la tendre, l'ancienne, la costaude qui en a vu d'autres. Les actrices chantent, dansent, incarnent avec une énergie contagieuse cette galerie de portraits (...).
Pierre Moulinier - Le Monde, le 19 novembre 1993

Un plaisir très coquin
Il y a des auteurs que l'on croît connaître tant il nous sont familier. Guy de Maupassant en fait partie ! Seulement, quand on se penche sur leurs écrits, on découvre, on apprend, on reste étonné de tant de richesse. Yvon Chaix qui a signé la mise en scène de cette stupéfiante Maison Tellier nous entraîne dans le sillage d'un style dru, riche et original. Il fait plus que cela encore, il nous offre un spectacle qui batifole hors des voies du théâtre, côté cabaret, musique et danse (...).'M. B. Midi Libre
6 novembre 1993''

Un cabaret dans une maison close
(...) Au fil des adaptations, Yvon Chaix affine une méthode qui tient beaucoup du montage cinématographique : il découpe en courtes séquences l'oeuvre qu'il veut transformer en spectacle, élimine le superflu et ordonne le tout sur scène. (...) C'est par touches impressionnistes qu'il nous invite dans l'univers de Maupassant. Ses personnages d'ailleurs pourraient sortir d'un tableau de Manet : un accordéoniste en maillot rayé bleu et blanc de canotier, cinq filles dont les robes et chapeaux sont autant de taches de lumière. Mais leurs danses évoquent plutôt les affiches de Toulouse-Lautrec et accompagnées par l'accordéon, elles rythment d'opérettes d'Offenbach ou de chansons de Bérenger un spectacle qui prend des allures de cabaret (...).
Anne Catherine Doumont - La Libre Belgique, le 20 janvier 1994

La Maison Tellier : sensuel
"(...) Les artistes de la compagnie Yvon Chaix sont autant acteurs que chanteurs voire danseurs; et c'est en partie ce talent pluridisciplinaire de chaque comédien qui assure le succès de la pièce. (...) Superbe tableau de la France des années 1880, cette promenade au milieu des femmes de petite vertu est tout empreinte de sensibilité et de nuance; un spectacle émouvant, drôle, léger et pourtant lourd de sens". Le dauphiné libéré / 19 juillet 1993

Le plaisir de La Maison Tellier
"(...) Pleine d'allégresse, de rires et d'émotions, la ballade des prostituées de la maison Tellier dans un village de la campagne normande vaut le déplacement. La maison Tellier va à l'encontre des traditions bourgeoises de la fin du 19ème. Les acteurs qui chantent les refrains canailles de l'époque et dansent sur des airs de French Cancan en rajoutent dans le côté égrillard, sans jamais tomber dans le vulgaire. On pense alors à Toulouse-Lautrec. (...). Le talent d'Yvon Chaix est d'avoir permis à partir de ce conte, par une mise en scène habile et pleine d'astuces, un foisonnement de vie à l'intérieur d'un petit espace scénique assez dépouillé. Le rythme est endiablé et le rire vient rapidement sur les lèvres (...)".Marc Leras /Le Provençal /25 /07/ 1993

La Maison Tellier au couvent
(...) De cette nouvelle concise, de cette chronique campagnarde triste et gaie, Yvon Chaix a choisi de faire exploser la face gaillarde, ébouriffée et frénétique. Entrecoupée de moments de narration où la fidélité au texte de Maupassant reste entière, la parade joyeuse verse dans l'opérette fin de siècle et le cancan, aux nets accents d'Offenbach et consort (...)
Le dauphiné libéré - le 29 juin 1993

Qui a peur de Virginia Woolf ?


d'Edward Albee
adaptation française de Pierre Laville (édition Actes Sud

une mise en scène d' Yvon Chaix

avec
Elena PASTORE, Martha
Yvon CHAIX, George
Julie BORIS, Honey
Stéphane RAVEYRE, Nick

assistant à la mise en scène Thierry Mennessier
collaboration technique et lumières Virgile Pégoud

Les années 60, la côte Est des Etats Unis.
Un samedi soir sur un campus universitaire.
George et Martha, couple vieillissant à l'ombre obsédante d'un enfant qui n'est jamais venu, invitent Nick et Honey, nouveaux arrivants, à venir partager une soirée pas tout à fait comme les autres...

Nombreux sont ceux qui connaissent cette «histoire», écrite en 1962, pour l'avoir vue au théâtre, ou au cinéma, incarnée par Elisabeth Taylor et Richard Burton. Et pourtant, comme dans un film d'Alfred Hitchkock qu'on a vu et revu, la puissance des mots d'Edward Albee, l'irrésistible déséquilibre de la situation qu'il crée nous entraînent dans une tension sans relâche dont on ne ressort pas tout à fait indemne. Des apparences trompeuses, des vérités toutes faites mises à mal, et la vérité, la vraie qui jaillit, violente, imparable, comme un coup de poing au foie.

Tranquille société américaine, tranquille....
Tranquille...une quinquagénaire très dépendante de l'alcool... son mari, universitaire devenu sans ambition, qui manie la dérision pour ne pas sombrer dans le meurtre, cool... et ce jeune couple, Mon Dieu qu'ils sont mignons... qui se disent... ils sont fous ces vieux, vieux, oui, vieux... quoique la femme, enfin bref... tranquille, vraiment tranquille, et cette jeune épouse qui s'envoie en l'air au cognac, spécialiste en « faiseuses d'ange »... tranquille, tranquille, cool...
Quatre Américains d'avant le Vietnam, d'avant ...Tranquille...Tranquille... Le vent décoiffe cette nuit de violence l'entraînant aux frontières de la folie.

Yvon Chaix, avril 2004

Après Sam Shepard (Vera Cruz) et Tennessee Williams (La Ménagerie de Verre), Edward Albee est le troisième grand auteur américain mis en scène par Yvon Chaix. Né en 1928 à Washington, il est devenu un des classiques d'aujourd'hui.

Partie de catch à quatre
Au Théâtre de Grenoble
Le mythique « Qui a peur de Virginia Woolf ? » revisité par Yvon Chaix tient toutes ses promesses. Cru, brutal, vertigineux. Si vous aimez les mises à mort…

Pour tout dire, on y allait un peu à reculons. Parce que la pièce dure deux heures trente et qu’on savait à l’avance qu’on allait en prendre plein la gueule. On se demandait aussi comment Yvon Chaix et Elena Pastore allaient s’y prendre pour nous faire oublier Richard Burton et Elisabeth Taylor, le couple mythique du film de Mike Nichols. En ce sens, le fameux rituel théâtral de la mise à mort passait d’abord sur scène par la mise à nu de ces deux-là. L’exercice, visiblement, ne leur fait pas peur, ne leur fait plus peur. Dans le jeu de rôle du couple d’âge mûr qui prend plaisir à se cogner dessus, les deux comédiens excellent et charrient, eux aussi, à leur façon, leurs aventures artistiques passées. C’est Elena Pastore (robe et coiffure fille à papa) qui porte admirablement toute la première partie de la pièce, sur la corde raide, avec une belle énergie, parfaitement maîtrisée ; avant de passer la main à son compagnon de scène, dont le jeu, le regard, nous ont rarement parus aussi aiguisés, aussi tranchants, habités par les mots terribles d’Edward Albee.
Des mots qui portent, qui font mal. Des mots qui nous disent une fois de plus, toute la monstruosité du genre humain. Des mots qui viennent aussi dresser le portrait d’une Amérique que l’on appris à connaître. Une Amérique prise dans ses contradictions morales, religieuses et sociales. Une Amérique amnésique. «Relisez donc l’Histoire !», lance le «vieux» quadra désabusé à son jeune confrère biologiste en route vers un avenir meilleur …
«Une Amérique qui pour se désennuyer engendre la violence», se plaît à dire Yvon Chaix.
De ce fait, ces quatre-là n’ont jamais rien engendré d’autre. Et c’est en partie l’ombre obsédante de ces enfants qui ne sont jamais venus qui plane sur leurs ébats désamoureux. Où viennent peu à peu s’entasser sur le plateau leurs bouteilles vides, leurs échecs, leurs frustrations et leurs mensonges…
En 1966, lors de la sortie du film outre-Atlantique, on demanda aux directeurs de salles de ne laisser entrer aucune personne de moins de 18 ans. Si ridicule soit-elle, la chose paraît aujourd’hui encore salutaire, tant est noire voire désespérée la vision du couple livrée par Albee.
Il convient ici de souligner le parfait contrepoint offert par Julie Boris et Stéphane Raveyre, dans la peau du jeune couple entraîné malgré lui dans ce jeu de massacre. L’une dans l’innocence habile, vomissant son Cognac et ses secrets rentrés, l’autre dans son impétueuse envie de se mesurer, voire de se «frotter» à ses peu glorieux aînés. Avant, comme de nous, de rendre les armes…
Hier soir, il était 23 heure. Les roulements du tonnerre venaient d’accompagner les ultimes tirades d’Edward Albee. Dehors, la pluie tombait à verse. Le Théâtre de Grenoble dégueulait à son tour sur le trottoir un flot de spectateurs sonnés.
Si le cœur vous en dit, ces prochains soirs, allez jouer à vous faire peur, vous aussi.''Eric Angelica /Le Dauphiné Libéré/ 7/10/2004''

Histoires d'hommes


de Xavier Durringer (éditions théâtrales)

mise en scène d' Yvon Chaix
avec Emmanuèle Amiell et Elena Pastore

Une petite forme pour deux comédiennes

Deux femmes. L'une comme celle que l'autre ne pourra jamais être, ou comme l'image matérialisée de son propre cauchemar.

Miroirs grossissants, miroirs déformants, comme autant de projections de mots d'amour, de colère, de désespoir.
Entre la banalité et la convulsion. Des larmes au rire.

Deux femmes en suspens, en attente, dans leur propre no man's land.

Elles se répondent sans jamais dialoguer, se disant parfois « ...mais putain, je la connais celle-là... », sans s'appesantir de peur de se reconnaître, révélée.

Deux actrices pour deux femmes.
N'importe où, n'importe quand, enfin presque...
Quelque part en elles, à un moment où la parole devient nécessaire.
Encore cette parole pourra-t-elle être celle qu'on n'entend pas.

Quelques chansons pour faire valser les mots autrement.

Le spectacle pourra se dérouler dans un théâtre, dans un bar, dans un appartement, dans le coin d'un hall public...
Chaque représentation sera autre, nouvelle, réinventée.

Resteront les mots de Xavier Durringer, adressés à ceux qui seront là avec ces deux femmes en manque d'une véritable écoute, d'amour.

Yvon Chaix, avril 2003

Histoires d'hommes
Histoires d'hommes rassemble une cinquantaine de brefs monologues écrits pour des femmes. On y retrouve le style si particulier de Durringer : parole tendue, invectives, cris du corps, révolte de l'âme, poésie de l'instant, échos de la ville ou de la nature... Des éclats fulgurants de la vie de femmes amoureuses, seules, en colère.

Xavier Durringer
Né à Paris en 1963, Xavier Durringer dirige la compagnie de théâtre La Lézarde depuis 1989 pour laquelle il écrit et met en scène les spectacles. Parmi ceux-ci : Une rose sous la peau, 1988, La nuit à l'envers, 1989, 22.34, 1989 et reprise en 1996, Bal-trap, 1989-1990, Une petite entaille, 1990-1991, Une envie de tuer... sur le bout de la langue, 1991, La Quille, 1993, Quand le père du père de mon père, 1994, Polaroïd, 1995, Surfeurs, 1998 et 1999, La Promise, 2001, Chroniques 2/Quoi dire de plus du coq, avril 2002. Il a également fait la mise en scène de Oh ! pardon tu dormais de et avec Jane Birkin en 1999.
Pour le cinéma, il a écrit et réalisé La Nage indienne, 1993 et J'irais au paradis... car l'enfer c'est ici, co-scènariste avec Jean Miez, 1999 (nominé au 7 d'Or en 2001) et Les Oreilles sur le dos, co-scènariste avec Jean-Philippe Stefani, qui sera diffusé à la rentrée sur ARTE.
Xavier Durringer a créé une société de production, 7ème apache films, dont le premier long métrage télévisé Négro de Karim Akadiri Soumaïla et Didier Castello a été diffusé sur ARTE au mois de mars dernier.
Il vient d'être nommé à la présidence des Ecrivains Associés du Théâtre (EAT).

Paroles de femmes
"Deux femmes qui se racontent leurs Histoires d’hommes : Yvon Chaix met leur mots en scène ou plutôt en salle, comme au bistrot du coin. Et c’est du vrai théâtre…

On entre, on accroche sa veste au porte-manteau, on se case sur les banquettes et sur les chaises, et au milieu du brouhaha et des propos de comptoir, voilà que la première pousse la porte du bistrot et entre ses deux valises et son chat en cage. Cheveux auburn, grosses lunettes noires, manteau de fourrure. Et, tout en posant ses bagages, elle peste contre son chat, qui lui rend la vie impossible. Juste le moment que choisit l’autre pour entrer à son tour, avec une valise aussi, et un manteau de fourrure, et des lunettes noires ; Mais les cheveux blonds, coupés courts. Et elle, elle parle du type qu’elle a rencontré, un dénommé Tristan, qui lui a rendu aussi la vie impossible. C’est à dire qu’elles ont des points commun. Et surtout des choses à se raconter. Encore qu’elles se parlent plutôt à elles-mêmes. Pour dire quoi ? Un peu tout, un peu rien : leurs amours, leurs emmerdes, l’une qui aime les couloirs d’hôtel, l’autre qui se prend pour la reine de la nuit, l’une qui a un amant chinois, l’autre un yougoslave, l’une qui se plaint des journées trop longues, l’autre des journées trop courtes. La vie, comme elle va, ou plutôt comme elle ne va pas vraiment, pleine d’anicroches, de moments de déprime, d’hommes qui font trois petits tours et puis s’en vont, en promettant de téléphoner. Curieux texte, qui sent son air du temps, et qui offre des mots, comme esquisses de vie, des silhouettes à dessiner. Yvon Chaix s’en est emparé, les donnant à dire à ses deux comédiennes, qui ont pioché dedans et y ont dessiné des lignes de force, en y mettant ce qu’elles avaient envie d’y trouver : pour Emanuèle Amiell, de la vivacité, de la tension, un côté petit bout de femme qui en a déjà vu mais qui veut en voir encore : et s’il y a des tâches sur la table, elle prend la torchon et l’Ajax ammoniaqué, et elle frotte.
Elena Pastore, moins solide sur ses talons, sentant la rasade, s’affalant sur une table, se faisant des moustaches de chatte sur un toit branlant, partant carrément en vrille au milieu de ses malheurs, et montrant un beau talent comique qu’on n’attendait pas, d’autant plus irrésistible qu’il laisse voir qu’il suffirait d’un rien pour que le rire se crispe et tourne au pathétique. Bel exercice de comédie, vrai jeu de rôles, plaisir de créer de toutes pièces et de tous mots un personnage ; et Yvon Chaix qui met tout ça en scène dans la fluidité et le va-et-vient, entre Romy Schneider qui pleure sur l’écran de la télé, les tables du bistrot transformées en plateau, Elena qui s’endort sur le poste, Emmanuèle qui enlève sa perruque, et les mots qui forment des phrases, des histoires, des destins. Il y a là comme un plaisir retrouvé du théâtre, une invention sur un texte de forme indécise, ultra-contemporain, propre à tous les maniements et à toutes les projections, une façon aussi de se frotter à un espace différent, de venir parler, chanter, pleurer, rire, danser sous le nez du spectateur, à portée de main et de verre : un bistrot (et, dans mes semaines à venir, car le spectacle va tourner dans toute la région, ce sera une grange, une salle des fêtes, les salons d’un hôtel). En tout cas, au Café de France, un beau pied-de-nez envoyé au Rio d’en face et à sa façade noire, tristement muette…"
Jean Serroy / Le Dauphiné Libéré / 28 janvier 2004

Chaix, fort en sexe faible…
"Yvon Chaix aime bien chouchouter les dames. Les actrices en particulier. Cet été dans La Maison Tellier de Maupassant, il avait déjà fait souffler un vent de frivolité sous les chapiteau du conseil général de l’Isère, en offrant à une bande de cinq copines et au public un bon moment de rigolade. Cette fois, c’est avec deux comédiennes seulement (Eléna Pastore et Emmanuèle Amiell) qu’il a décidé de monter une friandise théâtrale signée Xavier Durringer. «Histoire d’hommes se présente comme une suite de cinquante-six textes, longs de trois lignes à une page et demi, qui sont exclusivement des paroles de femmes parlant des hommes», précise le metteur en scène. «Ces petits aphorismes ou bouts d’histoire brassent la difficulté de l’amour, de la relation sexuelle ou des sentiments qui embrouillent parfois les choses, dans une parole très émouvante, très vraie, qui laisse la porte à une invention assez débridée. Nous avons choisi de monter cette pièce à deux actrices, mais nous aurions pu faire tout à fait autrement car dans ce texte, rien n’est indiqué, que la parole». Un vide propice au travail d’acteur qui ravit Eléna Pastore, une nouvelle fois complice dans cette aventure : «On peut faire du théâtre avec n’importe quoi, et je n’ai pas besoin de savoir si j’incarne une femme de cinquante ans brune ou blonde pour faire mon métier. Ce que l’on défend avant tout, c’est un texte, et celui-ci, dès qu’il est arrivé au courrier, m’a beaucoup plu. Je savais qu’on ne pouvait que se régaler avec une telle matière première.»
Emmanuèle Amiell confirme «A nous maintenant d’y mettre notre énergie, notre invention, en sachant que cette pièce est faite pour être jouée dans un rapport très proche avec le public.»
Pour cela, il a d’abord fallu choisir parmi les cinquante-six pièces écrites par Durriger, puis imaginer, tant bien que mal, l’univers intimiste de la pièce : «au fil des répétitions, deux personnages, qui pourraient fort bien être les deux faces d’une même femme, se sont imposés souligne Yvon Chaix, et une petite histoire s’est posée là : celle de deux filles qui viennent de larguer ou de se faire larguer, et que l’on retrouve, au comptoir d’un bar, dans un moment de déséquilibre qu’elles vivent différemment. L’une semble en voie de déjanter totalement, l’autre paraît plutôt aller vers quelque chose de positif.»
Pour l’occasion, le metteur en scène isèrois retrouvera le Café de France : «Nous débuterons dans ce café qui m’est cher, mais ce spectacle est élastique, dans le sens où il doit pouvoir être joué aussi dans un appartement, une petite salle de spectacle ou une grange du Trièves. » Car, fidèle à son contrat de confiance avec le public, c’est une nouvelle fois dans tout le département qu’Yvon Chaix entend exporter ces Histoires d’Hommes, avant de retrouver le Théâtre de Grenoble dans Qui a peur de Virginia Woolf ?
Bruno Garcia / Les Affiches de Grenoble / 23 janvier 2004

Histoires d’hommes et... de femmes
La pièce de Xavier Durringer est une illustration de la complexité de l’identité féminine lorsqu’elle est malmenée.
« Un couple, ça freine dans les virages. Et comme les trains en retard, on essaye à deux de rattraper le temps. Seule, rattraper le juste temps, c’est plus dur ! ». En tous cas, les monologues des deux comédiennes d’ « Histoires d’hommes » nous le démontrèrent, l’autre soir, dans la salle d’éducation populaire où « Brangues, village de littérature » offrait ce lieu au théâtre. Avec une mise en scène d’Yvon Chaix sortant elle aussi de l’ordinaire. Par l’agencement de la salle en premier lieu puisque les comédiennes évoluent, par places, au milieu des spectateurs. Par l’interpellation du public aussi qui ne peut que rester muet face aux éclats colériques de ces femmes amoureuses. Amoureuses certes mais qui semblent s’être libérées des hommes, par toutes formes de rupture, et qui se présentent à nous comme des exploratrices des temps modernes ne connaissant pas leur prochain voyage. A la recherche d’un homme nouveau, de gestes nouveaux, de mots nouveaux... La femme se composerait-elle aujourd’hui de plusieurs femmes en elle pour vivre avec un seul homme ? Possible ! Ce qui en ressort de cette pièce, c’est que le mythe de la « wonder woman » des années 80, capable de conjuguer bureau, disponibilité pour ces proches et physique de top model, en prend un coup quand elle évolue en solo, sans homme pour l’aimer ! Elles n’assument plus ! Emmanuèle Amiell et Elena Pastore, deux actrices superbes dans leur rôle, surent nous faire comprendre, par leurs mots et leurs maux, combien un manque véritable d’écoute est synonyme de mal d’amour. Le bonheur de l’homme est : je veux ; le bonheur de la femme est : il veut. Nietzsche a caricaturé cette dualité humaine dans « Ainsi parlait Zarathoustra ». Xavier Durringer avec « Histoires d’hommes », dans un style particulier, nous rappelle cette possible égalité dans la différence biologique. Cette différence de sexes est-elle enjeu de pouvoir où il y aurait forcement un perdant ? Et est-ce toujours la femme ? « Tout n’est pas rose pour les filles, j’ai tout essayé, j’y est cru ». Voilà le cri du corps qui l’emportait l’autre soir. Avec la recherche de circonstances atténuantes. « Lorsque vous rencontrez un mec qui vendrait des esquimaux aux esquimaux, vous fondez... ». Et dans ces souvenirs qui s’installent, et les regrets aussi, la déprime, la boulimie, la boisson, prennent vite le dessus lorsque la vie amoureuse est un peu comme un parachute qui vrille en torche et qu’on tombe de haut. Ces femmes, l’autre soir, ont-elle posé une revendication extrémiste ou une simple illustration d’être une femme privée d’amour à cause d’une espèce masculine non disposée à quelques sacrifices ? Chacun se positionnera à son gré sur la palette humaine infinie. « Histoires d’hommes » nous aura permis assurément de constater combien le talent d’Emmanuèle Amiell et d’Elena Pastore était grand et pas seulement dans la comédie mais la danse et le chant aussi. Cette soirée fortement suivie a ravi l’auditoire et conforté l’association « Brangues, village de littérature » dans la volonté de s’ouvrir aux autres cultures que celle simplement littéraire. Avec la compagnie Yvon Chaix, l’association présidée par Yves Lanoë a fait, comme toujours, le bon choix !
Le Dauphiné Libéré / 22 juin 2004

Pantin Pantine

Conte musical d’Allain Leprest et Romain Didier avec les classes musicales de l’école Claude Chary (cm1 & cm2)

Mise en scène : Yvon Chaix assisté par Elena Pastore et Thierry Mennessier

« Pantin est un petit garçon, mi-ange, mi-diablotin, qui transforme par son absence la vie de ceux qui l’ont connu... »

En 1997, le Conservatoire passe commande à Romain Didier d’un ouvrage pouvant être chanté par des enfants et interprété à l’orchestre par des élèves de conservatoires. Romain Didier, immédiatement séduit par cette idée, fait alors appel à son complice Allain Leprest pour que celui-ci en écrive l’histoire. Ainsi est né le conte Pantin Pantine. La toute première représentation eut lieu en juin 1997 à Bourgoin-Jallieu, au Théâtre Jean-Vilar avec la participation des classes musicales de l’école Claude Chary - manifestation consacrée « Événement Télérama ». L’enthousiasme suscité par le spectacle permit l’enregistrement du disque avec Jean-Louis Trintignant – nommé quelques mois plus tard aux Victoires de la Musique.

A l'occasion du 10ème anniversaire de la création. A l’occasion des 20 ans du Théâtre Jean Vilar
Production Société des Concerts, sous la direction de Gérard Lefébvre.

Représentations les 19, 20 et 22 juin 2007 à 20h30 au Théâtre Jean Vilar__

L'amante Anglaise


de Marguerite Duras (éditions Gallimard)
mise en scène et décor : Yvon Chaix
co-metteur en scène : Thierry Mennessier

avec
Elena Pastore, Claire Lannes
Fabien Albanese, l’interrogateur
Yvon Chaix, Pierre Lannes

régie générale, accessoires et régie de plateau : Lellia Chimento
régie lumières et son : Frédéric Biaudet


« Duras adore Agatha Christie.
Comme elle, elle est fascinée par le côté ordinaire du crime et par la banalité apparente de la personnalité du criminel.
La différence entre un fou et un être normal n’apparaît qu’après le crime ; ce n’est pas dans le camp de la victime qu’elle se situe, mais dans celui qui commet l’acte.
C’est la destruction de soi-même à travers la mort qu’on inflige à un autre qui la captive. » Laure Adler

En décembre 1949, dans la région de l’Essonne, à Savigny sur Orge, un crime était découvert dans le quartier dit« de la Montagne Pavée ».
Séduite par ce fait-divers, Marguerite Duras en a tiré plusieurs ouvrages dont « Le théâtre de l’amante anglaise ».
De la réalité à la fiction des glissements se sont opérés, les noms ont changé, l’identité de la victime aussi … Mais restent les questions : « Pourquoi avoir tué ? Qui est cette femme qui a tué ? ».
Claire Lannes a assassiné sa cousine, sourde et muette, avant de la découper en morceaux et de la faire disparaître dans plusieurs trains. Les enquêteurs ont retrouvé les restes du corps, sauf la tête. Pourquoi cette femme qui, depuis des années, passait son temps, assise sur un banc, dans son jardin, dans le silence, se refuse-t-elle à dire où elle se trouve ?
L’énigme posée par ce crime, l’impossible vérité à établir sur cette femme, c’est ce qu’explore Marguerite Duras, au fil d’une écriture qui elle aussi se questionne sur elle-même. Que dire ? Pourquoi dire ?
Un interrogateur, ni inspecteur, ni psychiatre, ni journaliste, mais tout cela à la fois cherche à savoir ou plutôt à faire parler. Car les mots sont au cœur de cette histoire. Ceux qu’on dit, ceux qu’on tait.
Pierre Lannes, fonctionnaire et mari de cette femme répond comme il se doit, semblant ne pas comprendre
Claire Lannes répond, elle, comme si l’acte commis ne revêtait aucun caractère particulier.
Une histoire insondable.

Trois acteurs dans un décor à la nudité menaçante, pour un texte qui a fait le tour du monde. Un théâtre radical.


UN THRILLER PSYCHOLOGIQUE
Inspirée d’un fait divers, « L’Amante anglaise » de Marguerite Duras relate l’histoire d’une femme ordinaire qui assassina un jour sa cousine….Une pièce construite comme deux duos, où un enquêteur interroge le mari puis la meurtrière afin de découvrir le mobile de son crime.
En s’emparant de ce texte, Yvon CHAIX, assisté de Thierry MENNESSIER, a fait le choix judicieux d’une mise en scène très sobre qui magnifie l’écriture intuitive et subtile de DURAS et met en avant le jeu des acteurs.
Dans un décor de bois sombre où seules deux chaises rouges apparaissent comme des tâches de sang, les comédiens jouent cette inquiétante partition avec toute l’ambiguïté requise pour épaissir le mystère au fil de leurs confidences et nous tenir en haleine face à un suspens qui va crescendo.
Très convaincant dans le rôle du mystérieux interrogateur, Fabien ALBANESE fait d’abord face à un Yvon CHAIX qui donne à son personnage une vraie densité. Trouble, insaisissable, ce mari, qui se dérobe aux aveux et laisse malgré lui, filtrer quelques indices, cède ensuite la place à Elena PASTORE dont le jeu peut surprendre, mais se révèle au final diablement efficace.
Loin de camper une meurtrière glaciale, elle incarne Claire LANNES avec une candeur désarmante qui confère à la pièce une dimension étrange, fascinante. Aux antipodes d’un polar classique, « L’Amante anglaise » est donc un vrai thriller psychologique qui interroge la monstruosité ordinaire sommeillant (peut-être) en chacun de nous.
Annabel BROT Dauphiné libéré le 13 février 2008

Effroyables jardins

Michel Quint

Effroyables jardins

Il y a ce train qui file entre Bruxelles et Bordeaux.
Le procès Papon à destination.
Il y a cet homme, porteur de la mémoire de tous ces êtres disparus en déportation.


vendredi 9 mai 2008

Les liaisons dangereuses

d’après Choderlos de Laclos
Adapté et mis en scène par Yvon Chaix, assisté de Thierry Mennessier
Avec Elena Pastore, Yvon Chaix, Hélène Gratet, Sarah Charlier, Marcelle Machet, Benoît Grellier, Lellia Chimento.



« En 1995, je mettais en scène « Quartett » d’Heiner Muller, m’immergeant ainsi dans l’œuvre de Choderlos de Laclos. Aujourd’hui, traversé par les nombreuses adaptations offertes aux lecteurs ou aux publics des théâtres et des cinémas, je retrouve Mme de Merteuil et Valmont, pour écrire quelques autres pages d’une aventure déjà engagée. » Y.C.

Dans les salons des châteaux de l’Isère, des départements voisins et au-delà, nous réunirons, à chaque représentation, une soixantaine de personnes à qui nous livrerons les mots de Choderlos de Laclos. En habitant l’architecture qui nous sera offerte, variable selon les châteaux visités, nous mettrons en scène Mme de Tourvel, Cécile Volanges, le chevalier Danceny pris dans les stratégies des deux joueurs monstrueux d’habileté que sont Merteuil et Valmont.

L’ECRITURE :
Conservant la nature du roman épistolaire, le spectacle offrira un double regard sur les échanges entre les personnages. Echanges par plumes interposées : on entendra la parole en train de s’écrire ou la lecture d’une lettre reçue. Le locuteur pouvant changer au cours de la lettre. Changeant ainsi de point de vue. Mais tout aussi bien, on assistera à l’affrontement sans merci de ces hommes et de ces femmes, maîtres ou victimes de ces jeux meurtriers. Une mise en dialogues. Une mise en action.

LA DISTRIBUTION :
Elena Pastore et Yvon Chaix ont joué, il y a quelques années, le couple infernal inventé par Edward Albee dans « Qui a peur de Virginia Woolf ?» La saison dernière, ils se glissaient dans les mots de Marguerite Duras pour jouer un autre couple, les Lannes. Un autre enfer. Aujourd’hui ils s’affronteront dans ce duel au sommet. Elena Pastore jouera Madame de Merteuil, Yvon Chaix, Valmont. Elena Pastore, en 1995, interprétait déjà le rôle de Madame de Merteuil dans «Quartett» de Heiner Müller. Le rôle de Madame de Tourvel sera tenu par Hélène Gratet. Le personnage inspiré de Madame de Rosemonde sera interprété par Marcelle Machet. Le rôle de Cécile Volanges sera interprété par Sarah Charlier et celui de Danceny par Benoit Grelier, violoncelliste.

LA MUSIQUE :
Dans le roman de Choderlos de Laclos, le chevalier Danceny apprend à Cécile Volanges le maniement de la harpe. Pour cette adaptation, après avoir penché vers le clavecin, le choix ira plus sûrement vers le violoncelle ou la viole de gambe pour interpréter des musiques du XVII ème ou du XVIII ème.

LE PUBLIC :
Tous les publics pourront venir partager ce grand texte de notre répertoire. Les lycéens de Terminales L pourront particulièrement être intéressés, puisque le film de Stephen Frears, adapté du livre de Choderlos de Laclos figure à leur programme en 2008-09

LE CALENDRIER :
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" Valmont, Mme de Merteuil, superbement interprétés par Yvon Chaix lui-même et Elena Pastore, sont les principaux protagonistes toujours actuels de ces jeux dangereux ... Le texte est tout aussi bien servi par les excellents acteurs qui les entourent, notamment Hélène Gratet en Mme de Tourvel, Sarah Charlier en Cécile Volanges, et Marcelle Machet en Mme de Rosemonde.
Lellia Chimento dans le rôle du serviteur muet et le chevalier Danceny, violoncelliste, interprète avec talent des suites pour violoncelle de J.S. Bach, complètent cette superbe distribution, et font revivre l'esprit des Lumières dans un lieu d'exception". Dauphiné Libéré, 02 mai 2009

Dossier du spectacle en ligne.