Bouvard et Pecuchet
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(d')après Gustave Flaubert variation théâtrale incorrecte sur une espèce d'encyclopédie critique en farce
écrit et mis en scène par Yvon Chaix
Une production de la Cie Yvon Chaix
avec l'aide des ateliers décors et costumes du Théâtre de Grenoble

Distribution :
Un conférencier Yvon Chaix
Une conférencière Elena Pastore
Une servante de scène polymorphe Lellia Chimento
Le corps du texte est l’héritage de Gustave Flaubert.
Quelques phrases ont été empruntées à Julian Barnes, Philippe Meyer et Daniel Wilhem.
Tout ce qui est écrit ici, qu’il s’agisse du texte à dire, des didascalies ou des commentaires ouvrant la voie au sourire ou à la réflexion, tout … n’a rien de définitif.
C’est là un cadre dans lequel les acteurs évolueront en corrigeant, modifiant, réinventant.
Disons qu’il y a là… la matière (peut-être trop de matière) et l’esprit.
Les idées mises en mots par Flaubert n’appartiennent à personne.
Bouvard et Pécuchet ne sont que des véhicules. Des porteurs.
Nos deux conférenciers peuvent se laisser aller à parler eux-mêmes les mêmes idées reçues sans mettre de guillemets.
Il y a en chacun de nous cette dualité d’idées puisées à l’Encyclopédie ou héritage d’un bazar bien commun.
Nous oscillons souvent entre la pertinence d’une critique salvatrice qui conduit au doute et la grégarité d’une paresse confortable.
Méfions-nous de rendre Bouvard et Pécuchet trop humain, trop autonomes de la littérature.
Ils ne sont que des ombres projetées, des images contraires d’un seul et même homme : Gustave Flaubert.
Les deux protagonistes parlent « il » ou « je ». Un « je » variable.
Pris au jeu du discours qu’ils tiennent, piégés par ce qui pourrait être une vérité ou investis dans une critique qui se dépasse elle-même, ils prennent le soin de rappeler « …ce n’est pas moi qui le dit mais ce sont Bouvard et Pécuchet qui… ».
Comme un dédouanement nécessaire mais qui n’efface pas le doute. Yvon Chaix décembre 2005
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(…) Plusieurs d'entre nous possèdent une trompe aromale, c'est-à-dire derrière le crâne un long tuyau qui monte depuis les cheveux jusqu'aux planètes et nous permet de converser avec les esprits de saturne. (…)
(…) Que lui reproche-t-on au peuple ? C'est d'être pauvre ! Ah pour qui connaît ses vertus, combien est douce la mission de celui qui peut devenir le mandataire du peuple. Ce sera toujours avec un noble orgueil que je sentirai dans ma main, la main calleuse de l'ouvrier…parce que son étreinte, pour être un peu rude n'en est que plus sympathique. Et je me tape sur le cœur. Bravo, bravo, bravo… (…)
(…) Afin de produire artificiellement des digestions, ils tassèrent de la viande dans une fiole, où était le suc gastrique d'un canard – et ils la portèrent sous leurs aisselles durant quinze jours, sans autre résultat que d'infecter leurs personnes. (…)
(…) Gustave Flaubert s'est pendu dans son bain. Je suppose que c'est plus plausible que de dire qu'il s'est électrocuté avec des somnifères. Fin de l'histoire. (…)

« Bouvard et Pécuchet » Conférence débridée
"En s’attaquant à « Bouvard et Pécuchet », Yvon Chaix fait le choix d’une adaptation très libre, mais qui colle parfaitement à l’esprit de Flaubert.
Au vu du titre, on s’attendrait à voir débarquer sur scène ces rois incontestés de la médiocrité bêtifiante. Eh bien…
Pas du tout! Nous sommes en fait entraînés dans une conférence loufoque sur les deux célèbres benêts, un exposé franchement drôle, mené dans un décor résolument moderne, très design, avec écran géant pour appuyer ces théories absurdes et d’autant plus savoureuses. De la botanique à la chimie, de la littérature à la religion, tout y passe, et ce n’est pas triste ! Expériences ratées ou maximes dégoulinantes de bêtise, le récit des prouesses de Bouvard et Pécuchet oscille entre humour anglais et blague de potache, et l’on rit franchement, d’autant que ce texte n’a pas pris une ride.
Dans le rôle des deux intervenants, Yvon Chaix et sa complice Elena Pastore s’en donnent visiblement à cœur joie et, chacun dans leur registre – professeur flegmatique face à professeur exalté- n’hésitent pas à jouer à fond le côté ridicule et débridé, pour notre plus grand plaisir ! Car voici un spectacle pas sérieux du tout, dynamique et très rythmé, qui fourmille d’une quantité incroyable de petites trouvailles de mise en scène toutes plus drôles les unes que les autres !
Bref contrairement à Bouvard et Pécuchet, Yvon Chaix n’applique pas une formule, mais signe une création inventive et réjouissante, une vraie farce, idéale pour oublier complètement la morosité ambiante".
Annabel BROT/Le Dauphiné Libéré le 9 mars 2006



